Pakistan : 2 millions d’enfants privés de rentrée scolaire

Publié le 03 septembre 2010 | Modifié le 24 mai 2016

A l’heure de la rentrée des classes, la situation au Pakistan ne s’est pas améliorée, loin de là : aux 18 millions de personnes sinistrées, dont la moitié d’enfants, pourrait s’ajouter 1 million supplémentaire à cause de nouvelles crues dans le sud du pays. Aujourd’hui, 5 200 écoles sont utilisées comme abris par plus d’1,3 million de sinistrés.

 

Dans la province du Sind, au sud du Pakistan, les enfants étaient déjà rentrés à l’école quand les inondations ont commencé. Dans les autres provinces, où la rentrée des classes devait s’échelonner du 1er au 15 septembre, elle doit être reportée : au total, les inondations historiques qui ravagent le Pakistan depuis plus d’un mois ont détruit ou endommagé près de 10 000 écoles. Celles qui sont encore debout servent d’abris aux sinistrés : aujourd’hui, plus d’1,3 million d’enfants et d’adultes sont logés dans 5 200 bâtiments scolaires.

« On ne va évidemment pas les chasser pour que l’école reprenne : ces gens-là ont tout perdu, on est encore dans de l’aide d’urgence pour eux, avec distribution d’eau potable, mise en place de latrines, activités de vaccination… Il y a encore des risques pour la survie des enfants ! » explique Luc Chauvin, conseiller régional Unicef pour les urgences Asie-Pacifique et présent sur place, au Pakistan. « Mais quand cela est possible, on encourage la réouverture des écoles au plus vite, et on fournit des structures temporaires en attendant, car au vu des dégâts, reconstruire des écoles en dur va mettre de 6 mois à 1 an. »

 

L’école pour retrouver une stabilité

 

Pour aider au retour des enfants à l’école, l’Unicef fournit des « écoles en boîtes » (contenant du matériel scolaire pour 80 élèves), des kits de récréation, et installe des « tentes-écoles », dans lesquelles les cours pourront se dérouler comme dans une vraie classe.

Des « centres temporaires d’apprentissage » sont également créés au sein des camps de déplacés : les enfants peuvent y suivre des activités scolaires et de loisirs, et bénéficier d’un soutien psychologique. A ce jour, plus de 101 centres de ce genre ont été ouverts par l’Unicef dans quatre provinces sinistrées, et bénéficient à plus de 13 000 enfants.

 

Une chance d’aller à l’école pour ceux qui n’y allaient pas

 

Avant les inondations, seulement la moitié des enfants en âge d’aller à l’école étaient scolarisés. « Nous voulons utiliser la catastrophe comme porte d’entrée pour de futures scolarisations » explique Luc Chauvin. « Les gens ici disent ‘’ le terrorisme, la violence, ces inondations, il faut que ça change !’’. Il y a un réel espoir que du bien sorte de tout cela. Et quand on apporte ne serait-ce qu’une petite activité d’apprentissage ou des jeux aux enfants dans les camps ou les écoles occupées, ils ont les yeux qui brillent… Il faut saisir l’occasion de construire un Pakistan meilleur pour eux. »

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