Pakistan : " les familles sont dans une situation désespérée "

Publié le 03 octobre 2011 | Modifié le 31 août 2015

Alors que le Pakistan se remettait doucement des inondations de l’an dernier, de nouvelles pluies particulièrement violentes se sont abattues sur le sud du pays entre la mi-août et la mi-septembre, affectant 5,4 millions de personnes, dont 2,7 millions d’enfants. La province du Sindh, que l’on comptait parmi les zones les plus affectées du pays en 2010, concentre à elle seule 95 % des dégâts. Luc Chauvin, coordinateur de l’urgence en Asie du sud-est pour l’Unicef sur place, témoigne.

 

 

Pouvez-vous nous décrire la situation actuelle, par rapport aux inondations de 2010 ?

En 2010, les inondations avaient affecté l’ensemble du territoire pakistanais.La pluie s’était d’abord abattue dans le nord puis dans l'ensemble du pays. Un débordement catastrophique de l’Indus avait touché 20 millions de personnes. Cette année, les pluies n’ont pas eu de conséquences aussi terribles au niveau national. Mais au niveau provincial, en revanche, c’est tout aussi dramatique qu'en 2010. Le Sindh, déjà très touché l’an dernier, est de nouveau sérieusement touché. Sur ses 23 districts, 22 sont affectés !

Contrairement à l’an dernier, nous ne sommes pas confrontés à des déplacements aussi massifs de population, même si près de 2 millions de personnes sont deplacées, dont la moitié sont des enfants. En 2010, les personnes se retrouvaient par milliers dans des camps très grands, souvent loin de chez eux. Aujourd’hui, les gens ne s’éloignent pas de leurs villages. En conséquence, en termes de réponse d’urgence, cela est plus compliqué, car les personnes sont plus dispersées, sur une multitude de sites. Les familles ont quitté leurs maisons pour trouver un abri le long des digues ou des routes.

Quelles sont les actions mises en place par l’Unicef ?

Par rapport à l’an dernier, nous mettons l’accent sur la mobilité de nos équipes et de nos partenaires. Nous avions preparé aussi des stocks de materiel d'urgence, pour faire face aux besoins de 300,000 personnes. Evidemment avec plus de 5 millions de personnes touchées par cette crise, nous sommes tous largement depassés par l'ampleur des besoins, d'où un appel à l'aide internationale des Nations Unies. Nous devons fournir une assistance d'urgence sur des endroits tres éparpillés geogrraphiquement, ce qui complique l'acheminement de l'aide. Et concrètement, nous poursuivons nos actions dans le secteur de l’eau et de l’assainissement (l’Unicef distribue aujourd’hui de l’eau potable à 100 000 personnes), de la santé (vaccination contre la rougeole et la polio), de l’éducation (plus de 4000 structures éducatives temporaires sont en cours d'installation), de la nutrition et de la protection de l’enfant.

Un message à faire passer auprès de nos internautes et donateurs ?

Les familles affectées par les inondations, l’an dernier et cette année, sont à nouveau dans une situation désespérée. Elles ont juste le minimum pour vivre. C’est évidemment notre rôle de leur venir en aide. C’est pourquoi, chaque don nous aide à leur porter secours.

En savoir plus :
 

L’appel de fonds de l’Unicef s’élève à 37,2 millions d’euros.
Le comité français pour l’Unicef vient d’envoyer 500 000 euros au Pakistan.

Cette année, les pluies ont détruit :
1,5 million de foyers
27 500 km² de surface terrestre
8900 km² de terres arables
75 % des récoltes
et 36 % du bétail ont été vendus ou perdus.

Actuellement, 1,8 million de personnes sont déplacées à travers 6000 camps temporaires et 1300 écoles sont utilisées comme abris.

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