Pollution : ces enfants tellement malades qu’ils doivent quitter la ville

Publié le 02 avril 2019

La pollution atmosphérique a de graves répercussions sur la santé des enfants : en France, ils sont de plus en plus nombreux à souffrir de maladies directement liées à la toxicité de l’air et les traitements médicamenteux sont parfois inefficaces pour les aider.

Cela fait des années que la professeure Jocelyne Just soigne des enfants à l’hôpital Trousseau, à Paris. Spécialiste de l’asthme et des allergies, elle dresse un constat sans appel : « Dans les années 1990, on réglait 90% des cas d’asthme du nourrisson par un peu de corticoïde, explique-t-elle. Aujourd’hui, il faut trois à quatre traitements pour le contrôler. Ou pas. » Quand même les médicaments deviennent inefficaces, l’éloignement devient indispensable : « J’ai vu des enfants asthmatiques sévères qui ne pouvaient pas être soignés en ville et pour lesquels on est obligés d’envisager de vivre à la montagne, en altitude, où on sait que du fait de la pollution moindre, ils pourront respirer normalement. »

La pollution de l'air cause de graves problèmes de santé

Dans certains cas, on envoie l’enfant en cure dans les Alpes ou les Pyrénées, seul. Mais pour la professeure Jocelyne Just, il est dramatique qu’on en arrive à « éloigner des enfants de leur famille » pour que ceux-ci puissent respirer normalement. Parfois, c’est toute la famille qui quitte ses attaches pour une autre région, mais c’est un changement de vie très important, qui n’est pas à la portée de tous. A minima, le médecin recommande de « sortir de la ville, notamment pendant les vacances scolaires ». Dans certains cas, ce n’est toutefois pas suffisant : « Des parents m’ont confié que leur enfant respire mal dès qu’ils arrivent à hauteur du périphérique sur le chemin du retour », fait valoir Jocelyne Just.

De plus en plus d’enfants sont touchés par des maladies liées à la pollution car en France, trois sur quatre respirent un air toxique. Ils respirent plus vite et inhalent plus de polluants que les adultes, alors que leurs poumons sont en plein développement. Les particules et les gaz qui entrent dans leur organisme altèrent leur développement et sont à l’origine de multiples pathologies : plusieurs études démontrent un lien direct entre la pollution de l’air et l’asthme, l’eczéma, les allergies (notamment alimentaires), le diabète, l’obésité, l’autisme et les troubles dépressifs. Même dans le ventre de leur mère, les enfants peuvent être durablement affectés par la pollution de l’air.

Parmi les responsables de la pollution de l’air, les voitures occupent un rôle majeur. UNICEF France et ses partenaires ont émis un rapport répertoriant des solutions qui peuvent être mises en place dès aujourd’hui pour améliorer la qualité de l’air et permettre aux enfants de mieux respirer. Si ces mesures ne sont pas prises au plus vite, la situation, déjà préoccupante, ne pourra qu’empirer.

Agissons contre la pollution : demandons à nos élu.e.s d’agir pour améliorer la qualité de l’air.

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