Quand la mendicité cache l’exploitation

Publié le 26 février 2009 | Modifié le 31 mars 2016

Au Sénégal, où les enfants talibé sont soumis à la mendicité, l’Unicef soutient un programme de protection de l’enfance contre la pauvreté et l’exploitation.

L’émission Thalassa vendredi 27 février sur France 3 était consacrée aux enfants talibé au Sénégal. Pour un enfant, au Sénégal comme dans de nombreux pays d’Afrique, une éducation de mauvaise qualité va quelquefois de pair avec la soumission à la mendicité, dans les rues, au profit des adultes.

Pour lutter contre ce phénomène, l’Unicef France soutient dans deux préfectures sénégalaises un programme qui ébauche un système de protection sociale pour les enfants vulnérables ou en risques d’exclusion, d’abus et d’exploitation.

Le danger d’exploitation est bien réel au Sénégal, puisqu’un nombre croissant de parents ne peut mobiliser les ressources pour assurer la subsistance de la famille : dans ces conditions, la réduction des rations alimentaires, le retrait de l’enfant de l’école et l’exploitation des enfants sont parfois adoptés comme mécanismes ultimes de survie.

Le programme de l’Unicef cible 10 000 enfants à Dakar, la capitale, et dans la ville de Ziguinchor, en Casamance : enfants vivant dans la rue, victimes de mendicité, de violences domestiques ou enfants handicapés.

Il s’agit d’assurer la réintégration d’un maximum d’entre eux dans leur famille ou leur communauté quand ils en sont séparés, de veiller à leur santé et à leur nutrition, tout en améliorant leur scolarisation. Concrètement cela passe par la coordination et la formation des différents acteurs : des ministères jusqu’au terrain, en passant par les travailleurs sociaux et les autorités religieuses. Financièrement, il s’agit d’instituer un système de prestations directes en faveur des familles vulnérables soit sous forme de services gratuits, soit sous forme d’allocations. Sont en jeux l’accès à des soins de santé de base, l’entrée à l’école, l’aide alimentaire, l’assistance psychologique.

Ce programme se déploie sur 3 ans. L’Unicef y consacre 1,7 million d'euros.

Soutenir nos actions