République Démocratique du Congo : l’Unicef fait parvenir de l’aide aux déplacés

Publié le 04 novembre 2008 | Modifié le 31 mars 2016

Après plusieurs jours d'incertitude, l'aide humanitaire commence petit à petit à atteindre une partie de la population déplacée dans la province du Nord-Kivu. Des centaines de milliers d'autres personnes attendent toujours du secours.

Au cours des deux derniers mois, plus de 250 000 personnes ont été forcées de fuir les affrontements entre l'armée congolaise et un groupe rebelle, dont près de 100 000 depuis la semaine dernière. Un cessez-le-feu précaire a permis à un petit nombre de camions humanitaires d'acheminer des provisions dans au moins un camp tandis que des organisations humanitaires sont en train de procéder à une rapide évaluation de la situation afin de préparer une vaste intervention.

Sur un site où 50 000 personnes sont venues se mettre à l'abri des combats, l'Unicef et ses partenaires ont pu faire parvenir de l'eau, assez de médicaments pour une semaine et quelque 15 000 biscuits hyper protéinés aux enfants. Beaucoup n'avaient pas mangé depuis des jours.

« Quand nous avons effectué notre distribution, explique Jaya Murthy du bureau Unicef de Goma, les gens se sont massés devant nos sites et cherchaient à pénétrer de force à l'intérieur pour avoir de l'aide. Nous n'avions que des biscuits, que nous étions en train de distribuer. Cela donne une idée de la détresse qui règne ».

Des familles affamées

« Il y a une semaine, ajoute-t-il, la plupart d'entre eux avaient très peu, voire rien du tout à manger et ils étaient complètement affamés ».

Parmi les personnes déplacées, un homme, Rumanyo Aganie, qui a fui une avance récente des rebelles, montre un certificat médical affirmant que sa fille de 16 ans a été violée alors qu'elle essayait de trouver de quoi manger aux abords de leur campement. « Si elle avait eu assez à manger, elle n'aurait pas été violée », affirme-t-il.

« La majorité de la population du Nord-Kivu est composée d’agriculteurs, indique Jaya Murthy. Maintenant qu'ils sont déplacés, ils n'ont plus leurs fermes et sont absolument démunis. Ils n'ont rien à donner à manger à leur famille et pas d'argent pour acheter de la nourriture ».

Un passé de mauvais traitements et de violence

Quand les combats se déroulent à proximité d'un village, les familles sont souvent forcées de s'enfuir dans différentes directions, ce qui laisse les enfants en situation très vulnérable.

« Ici en RDC, notre histoire est marquée par les mauvais traitements, poursuit Jaya Murthy : l'exploitation, la violence, le recrutement des enfants par des groupes armés. Nous disposons d'un accès limité au Nord-Kivu. On nous a rapporté que des enfants sont séparés de leurs familles. Nous sommes extrêmement préoccupés par le bien-être et la situation de ces enfants ».

On estime que plus de 5 millions de personnes ont trouvé la mort dans le conflit congolais depuis qu'il a commencé en 1996, la plupart de maladies évitables et de faim.

Suite aux événements de ces derniers jours, l'Unicef France a débloqué 200 000 € pour soutenir nos activités d'urgence au Nord Kivu.

Soutenir nos actions