Risque de famine au Soudan du Sud : pourquoi est-il si dur d’y acheminer de la nourriture ?

Publié le 05 mars 2018 | Modifié le 05 mars 2018

Au Soudan du Sud, les deux tiers de la population pourraient être gravement touchés par un manque de nourriture dans les prochains mois.

Les enfants du Soudan du Sud auront-ils encore de quoi se nourrir dans les prochaines semaines ? Depuis le mois de janvier, plus de cinq millions de personnes – soit la moitié de la population – connaissaient des difficultés pour trouver de quoi manger. Leur nombre devrait bientôt croître et atteindre le seuil de sept millions de personnes.

Surmonter les obstacles

Dans ce pays déjà touché par la famine, l’UNICEF vient en aide aux enfants les plus vulnérables, mais acheminer de la nourriture s’avère difficile tant les infrastructures sont fragiles. Beaucoup de paysans ont quitté leurs terres et ne produisent donc plus de quoi subvenir aux besoins de leur famille. Un déclin de l’économie a par ailleurs vu les prix grimper en flèche au moment où les revenus de la population diminuaient.

C’est donc vers l’aide humanitaire que se tournent les personnes dans le besoin. Encore faut-il qu’elle leur parvienne. L’UNICEF et ses partenaires s’y emploient chaque jour en dépit des obstacles. Rogers Kenei conduit des camions pour l’UNICEF, et cela constitue une dangereuse mission. Depuis 2013, quatre chauffeurs et un assistant sont morts au Soudan du Sud. Rogers Kenei a lui-même a été plusieurs fois la cible de vols ou de racket.

Aider les enfants par tous les moyens

Dans ce pays qui fait la taille de la France, l’état des routes est déplorable. On ne compte que 280 kilomètres de routes pavées, là où l’Hexagone en a plus d’un million. Il faut en théorie sept heures pour parcourir les 600 kilomètres qui séparent Wau et Djouba, deux des principales villes du Soudan du Sud, mais dans la pratique, cela prend parfois une semaine, voire deux pendant la saison des pluies car les routes sont alors inondées. Quand il devient impossible de circuler par voie de terre, l’UNICEF emprunte les airs et réalise des acheminements par avion-cargo. Mais cela multiplie le coût du convoi par dix.

L’UNICEF et ses partenaires surveillent de près le niveau de malnutrition des enfants : en 2017, environ 1,8 million de personnes ont pu bénéficier d’une aide d’urgence, et 208 000 enfants souffrant de malnutrition aiguë sévère ont été pris en charge. Au vu de la crise alimentaire qui se profile, le nombre d’enfants concernés pourrait malheureusement augmenter.