Santé materno-infantile : toujours 10 millions de morts « évitables »

Publié le 21 avril 2008 | Modifié le 19 janvier 2016

Le rapport «Compte à rebours 2015, Survie de la mère, du nouveau-né et de l’enfant », conclut que, malgré certains progrès notables, la santé materno-infantile reste très critique dans les 68 pays en développement qui concentrent 97% de la mortalité materno-infantile mondiale. Rassemblés à Cape-Town les 17 et 19 avril, experts et parlementaires ont appelé à une augmentation des investissements dans les systèmes de santé.

Malgré des progrès notables, la santé materno-infantile reste très critique dans les 68 pays en développement qui concentrent 97% de la mortalité materno-infantile mondiale. A Cape-Town les 17 et 19 avril, experts et parlementaires ont appelé à une augmentation des investissements dans les systèmes de santé.

Pendant trois jours, experts mondiaux (dont certains de l’UNICEF), responsables des politiques de santé et parlementaires se sont réunis à Cape Town, en Afrique du Sud autour de la question de la santé materno-infantile. Rendant public le rapport «Compte à rebours 2015, Survie de la mère, du nouveau-né et de l’enfant », ils ont appelé à ce que des progrès plus consistants soient réalisés afin de limiter le nombre de décès parmi les enfants de moins de cinq ans et les mères.

Le rapport est un travail collectif d’agences des Nations unies (Unicef, OMS, etc.), d’ONG, de spécialistes, d’universitaires et d’institutions. Il souligne que 10 millions de mères et d’enfants meurent chaque année de causes évitables et curables. Ces décès se produisent en majorité en Asie et en Afrique, avec une concentration particulière en Afrique sub-saharienne. A l’échelle mondiale, un enfant sur cinq naît dans cette région du continent africain, mais 50% des décès parmi cette population s’y produisent. Elle concentre également 50% de la mortalité maternelle. Au Niger par exemple, une femme a un risque sur sept de mourir en cours de grossesse ou de lors de son accouchement (contre 1 sur 1300 en Chine).

Bien que certains progrès soient soulignés dans le rapport en matière de prévention de certaines maladies mortelles comme le paludisme ou la rougeole (vaccination, supplémentation en vitamine A, distribution de moustiquaires imprégnées), 82 % des 68 pays étudiés présentent des taux de mortalité materno-infantiles élevés ou très élevés.

Les auteurs identifient un certain nombre de domaines clé pour limiter le nombre de morts parmi ces deux populations à risque :

- les soins néo-nataux : seuls 50% des femmes et nouveaux-nés reçoivent les soins appropriés au moment de l’accouchement, et moins encore dans les jours et les semaines qui suivent ;
- les soins aux enfants malades : seulement un tiers des enfants souffrant de pneumonie – la cause de décès la plus importante chez les enfants – sont soignés ;
- la malnutrition : elle est responsable de 30% des décès d'enfants et de 20% des décès de mères ;
- le planning familial : seuls un tiers de femmes dans les 68 pays prioritaires utilisent une méthode de contraception moderne.

Par ailleurs, dans 12 pays africains au moins, les conflits armés et le VIH/sida ont annihilé tous les progrès réalisés en matière de survie de l’enfant.

Dans ce sombre panorama, le rapport salue les progrès réalisés dans 16 des 68 pays prioritaires. Le Bangladesh, la Bolivie, le Brésil, la Chine, l’Egypte, l’Erythrée, le Guatemala, Haïti, l’Indonésie, le Laos, le Mexique, le Maroc, le Népal, le Pérou, les Philippines et le Turkménistan sont en bonne voie pour atteindre les objectifs du millénaires (OMD) en matière de la santé des femmes et des enfants.

Les participants à la conférence internationale ont appelé les bailleurs à augmenter les niveaux actuels de financement dédiés aux systèmes de santé. Bien qu’ils soient passés, au niveau global, de 2,1 milliards en 2003, à 3,5 milliards en 2006, une augmentation plus soutenue est nécessaire.

Télécharger le rapport (PDF)

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