Sida : comment le Bénin lutte contre la transmission de la mère à l’enfant

Publié le 02 septembre 2009 | Modifié le 31 mars 2016

Sans prise en charge, le risque pour une mère séropositive de transmettre le virus à son bébé est supérieur à 30%. Avec prise en charge, on descend au-dessous de 2%. 6 600 femmes séropositives accouchent chaque année au Bénin. Avec l’Unicef, le pays s’est doté d’un important dispositif de prévention de la transmission du virus.

Au Bénin, on estime qu’1,2% de la population est infecté par le VIH. On est loin des tristes records atteints par les pays d’Afrique australe (dépassant parfois les 20%). Mais le pays n’a pas attendu que la catastrophe ait cette ampleur pour mettre en place une vaste stratégie de lutte contre le VIH/sida. Le Bénin s’est notamment doté d’un important dispositif de prévention de la transmission du virus de la mère à l’enfant (PTME).

La PTME comprend, pour les futures mamans, un ensemble de services qui comprend le dépistage du virus et la prise en charge en cas de séropositivité (prophylaxie à base d’antirétroviraux (ARV) pendant la grossesse et l’accouchement). Le nouveau-né est pris en charge également, au moins le temps que soit connu son statut sérologique. Avec cette prise en charge globale, le risque pour l’enfant d’être infecté est inférieur à 2% (contre plus de 30% sans prise en charge).
 
Au Bénin, le taux de prévalence du VIH est plus élevé pour les femmes (1,5%) que pour la moyenne nationale (1,2%). Chez les femmes enceintes, il grimpe même à 2%. D’où l’enjeu de la PTME. Chaque année, 328 000 naissances sont attendues au Bénin.

Aujourd’hui, 48% des maternités offrent des services PTME contre 7% en 2004 (76% dans les zones d’intervention de l’Unicef). Le Bénin n’est pas encore entièrement couvert par les activités de PTME mais le taux de femmes qui ont eu accès à ces services est aujourd’hui de 40%, contre 20% en 2006.

Se pose ensuite pour les nouveau-nés, la question du dépistage. Le test standard ne permet pas d’identifier le statut de l’enfant durant sa première année (car ce test détecte les anticorps de la mère transmis à l’enfant pendant la grossesse et empêche de se prononcer). Seuls les nouveaux tests le permettent, et ce dès six semaines.

Lire à ce sujet : Dépister le VIH chez les bébés, un enjeu vital

Sans soins ni traitement, environ un tiers des enfants vivant avec le VIH meurent avant leur premier anniversaire, la moitié avant leur 2e anniversaire. D’où l’importance d’identifier les bébés séropositifs et d’apporter immédiatement la réponse adaptée à leur statut, qu’ils aient développé la maladie ou non.

Aujourd’hui, plus de 600 enfants sont sous traitement antirétroviraux et cotrimoxazole au Bénin. L’Unicef continue notamment d’approvisionner les cliniques et centres de santé en médicaments et de former le personnel de soins à la PTME.


Le sida en chiffres au Bénin

Selon les estimations de 2007 :
1,2% de la population béninoise est séropositive.
Cette pandémie frappe surtout les jeunes, les transporteurs, les prostituées. 
La pandémie est fortement féminisée : 1,5% des femmes sont infectées par le virus contre 0.8% des hommes.
6600 femmes séropositives accouchent chaque année.
Entre avril 2006 et mars 2008, l’Unicef France a alloué plus de 580 000 euros aux programmes de lutte contre le VIH/sida au Bénin.

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