Tchad : 2 millions de personnes menacées

Publié le 10 mars 2010 | Modifié le 31 mars 2016

Au Tchad, il manque les ressources humaines et les services de soins nécessaires pour contrer la crise alimentaire qui menace près de 2 millions de personnes, soit 18% de la population.

Une chute de 35 % des récoltes à cause de la sécheresse. Sécheresse, augmentation des prix, conflits armés : plusieurs facteurs expliquent l’ampleur de la crise alimentaire qui frappe le Tchad. Dans ce pays, un cinquième de la population fait aujourd’hui face à des pénuries de nourriture. Le taux global de malnutrition aigue pour les enfants de moins de 5 ans dans les zones les plus affectées est de 29%, près du double des seuils d’urgence définis par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS).

Les Nations unies transportent 30 000 tonnes de nourriture aux zones pauvres du Tchad, depuis la base logistique du Cameroun voisin. Mais les organisations humanitaires sont préoccupées : il y a trop peu de ressources humaines et de centres de soins fonctionnant dans les zones rurales pour lutter aujourd’hui efficacement contre la malnutrition.

« Il n’y a pas assez de personnel compétent pour s’occuper de ce type de crise, relève Michele Flavigna, représentant des Nations unies et coordinateur humanitaire au Tchad. Nous appelons les ONG à accroître leurs effectifs, pour intervenir dans les centres de nutrition et sauver les enfants dans les villages, aider les ménages à affronter cette saison difficile qui va durer jusqu’en… novembre. »

Des crises régulières

Des millions de personnes dans la ceinture du Sahel africain, au sud du désert du Sahara, devront faire face à une pénurie alimentaire cette année. A cause des pluies en retard et irrégulières durant la dernière saison des semis. Ces mauvaises conditions climatiques ont affecté les cultures.

Depuis les années 1970, la région du Sahel qui comprend des parties du Tchad, du Nigéria, du Mali, du Sénégal, du Burkina Faso, de la Mauritanie a été meurtrie par des sécheresses régulières et un manque d’accès à la nourriture pour les familles les plus pauvres, conduisant à des pénuries alimentaires. La plus sérieuse de ces crises pour la dernière décennie remonte à 2005. Des millions de personnes avaient été touchées au Niger, au Nigéria et au Mali.

« Nous devons donc nous préparer à affronter ces problèmes de sécheresse qui vont encore empirer avec les changements climatiques et l’accroissement de la population… avec des systèmes d’alerte efficaces accompagnés d’efforts pour mettre en place des banques céréalières, des cultures résistantes aux sécheresses, des systèmes d’irrigation, des centres de nutrition, poursuit Michele Flavigna. Chaque pays doit maintenir un stock d’au moins 100 000 tonnes de céréales qui pourrait nourrir la population pour au moins trois mois. Cela avait été décidé en 1984 mais a été lentement abandonné par ces Etats – mais nous ne pouvons pas faire sans ces stocks. »

Aujourd’hui, au Tchad, « le nombre des enfants malnutris est en train de croître de façon exponentielle, complète Jean-Luc Siblot, représentant du Programme alimentaire mondial (PAM). Ces données illustrent toute la gravité de la crise dans la bande sahélienne. »
 

En savoir plus

Découvrez notre dossier sur la malnutrition en cliquant ici : La malnutrition, responsable de la moitié des décès d’enfants.

 

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