Territoires palestiniens occupés : l'Unicef a besoin de 6,2 millions de dollars

Publié le 12 mars 2006 | Modifié le 31 août 2015

AGGRAVATION DE LA SITUATION POLITIQUE ET SOCIALE
La situation s’est détériorée, particulièrement depuis les élections dans les territoires occupés. Les enfants qui se rendent à l’école dans certaines zones du Nord de Gaza prennent des risques grandissants. La violence dans la bande de Gaza a trouvé une illustration criante le 6 mars avec la mort de deux frères dans une explosion. Une opération de 3 jours à Naplouse fin février a privé d’enseignement les enfants pendant une semaine et a sérieusement endommagé une école. La situation est tendue à Jénine et la détresse psychosociale des jeunes s’accentue à Hébron.

MALNUTRITION CHRONIQUE
La malnutrition chronique des enfants de moins de 5 ans n’a cessé d’augmenter, pour atteindre aujourd’hui les 10%. Dans l’ensemble des territoires occupés, on compte 350 000 enfants malnutris, surtout ceux qui sont âgés d’un à deux ans, et particulièrement à Gaza. Si cette malnutrition chronique ne menace pas leur survie immédiate, plus de 15% d’entre eux risquent en revanche d’en garder des séquelles dans leur croissance et leur développement futurs. Les hôpitaux manquent de moyens pour les nouveau-nés.
L’action de l’Unicef : Des soins de santé et de nutrition bénéficieront à 150 000 enfants de moins de 5 ans et à 15 000 enfants situés dans des régions difficiles d’accès. 150 maternités sont en train d’être équipés pour pouvoir fournir de meilleurs soins aux femmes enceintes et aux bébés. Dans ce domaine, 50 cliniques reçoivent des équipements pour la formation des médecins et des personnels de santé. Par ailleurs, l’Unicef fournit les éléments nécessaires aux vaccinations de base à plus de 450 centres de santé. Les campagnes de vaccinations correspondantes ont été étendues à un demi million d’enfants de moins de 5 ans ainsi qu’à 100 000 filles scolarisées. De plus, à Gaza, une campagne contre la rougeole, les oreillons et la rubéole va toucher 600 000 enfants, et une campagne contre la polio va concerner 90 000 enfants en Cisjordanie et à Gaza.

DETERIORATION DE L’ENSEIGNEMENT
L’accès à l’éducation continue d’être affecté par le manque de liberté de déplacement. La qualité de l’enseignement montre des signes de déclin, et dans certaines régions les fins de cursus des étudiants sont de plus en plus aléatoires.
L’action de l’Unicef : Des écoles recevront du matériel d’enseignement. 10 d’entre elles, choisies dans des régions particulièrement difficiles, profiteront de formation pour les enseignants, de matériel de sport, d’ordinateurs, de kits scolaires, de livres et de matériel scientifique. Des moyens sont mis en place pour inciter les enfants à poursuivre leur scolarité en recevant l’appui de leur entourage, et des actions de sensibilisation à la scolarisation des enfants sont menées.

MANQUE D’EPANOUISSEMENT DES ADOLESCENTS
Les adolescents manquent d’occasions d’épanouissement. En Cisjordanie et à Gaza, il n’y a que 300 clubs pour les jeunes, qui se réduisent pour la plupart à des activités sportives. Les jeunes passent donc l’essentiel de leurs temps à la maison ou bien dans la rue, exposés à la violence. Les difficultés de l’enseignement entraînent chez eux des lacunes scolaires qui les fragilisent lorsqu’ils entrent sur le marché du travail. Ils ont peu accès à l’information, notamment concernant leur santé.
L’action de l’Unicef : L’éventail des activités associées aux clubs est en train de s’ouvrir : alphabétisation, lecture, nouvelles technologies, mais aussi activités physiques, musique et théâtre.

VIOLENCE AU QUOTIDIEN
Le degré élevé de violence, à la maison, dans les écoles et les quartiers, continue d’affecter les enfants. Les familles sont confrontées à des difficultés économiques et sociales qui attisent les tensions au quotidien.
L’action de l’Unicef : 12 équipes d’urgence psychosociale agissent dans les territoires occupés ; grâce à elles les enfants et les adolescents apprennent à se protéger de la violence. Des actions de sensibilisations à la gestion du stress ou pour encourager le dialogue entre parents et enfants, sont menées. Des visites ont lieu auprès des familles dans lesquelles des signes de violence avaient été constatés. Un soutien psychologique, social, mais aussi juridique se développe. Travailleurs sociaux, personnel de police, chef de communautés et avocats recevront des formations sur la prévention et la gestion des cas de violence et d’abus à l’encontre des enfants.

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