« Tout indique que la situation va se dégrader davantage ! »

Publié le 28 mars 2007 | Modifié le 31 mars 2016

La vie de milliers d’enfants est en jeu, particulièrement dans le nord de la République centrafricaine. De violents combats, suivis de la destruction des villages, ont fait fuir la population jusque vers les pays frontaliers où la situation n’est parfois guère meilleure. L’Unicef France envoie 300 000 euros de son fonds d’urgence.

« Tout indique que la situation va se dégrader davantage, indique le représentant de l’Unicef en République centrafricaine (RCA), Mahimbo Mdoe. Nous avons vu des gens traumatisés quitter leur village en flamme ; beaucoup d’écoles sont détruites et l’hôpital n’a plus un seul médecin ! ». Notre équipe, qui a pu se rendre dans le nord de la RCA fin mars 2007, estime le taux de destruction à 70% !
Plus récemment, les combats dans le nord-est ont été si violents qu’ils ont provoqué la fuite de 282 000 personnes. Si la plupart sont des déplacés internes, vivant parfois dans la brousse, d’autres se sont réfugiés au Soudan, au Tchad (50 000) ou encore au Cameroun (20 000). Dans Birao, chef-lieu de la préfecture de Vakaga dans le nord-est, il ne reste que 600 habitants sur 14 000 avant les combats !
L’histoire tumultueuse de la RCA remonte à plusieurs décennies, scandée par des rebellions et des coups d’État. Déjà très appauvri, le pays a vu sa situation se déstabiliser davantage en 2003, lors du conflit naissant au Darfour (région du Soudan qui borde l’est de la RCA utilisée, selon le gouvernement centrafricain, comme base de repli par les rebelles), puis s’aggraver en 2005 tandis que rebelles et forces gouvernementales s’affrontaient à nouveau.
Au total, la population concernée par l’insécurité est évaluée à « au moins » un million de personnes sur les 4,2 millions que compte le pays ; soit un quart des habitants ! Traumatisées, terrorisées, les familles manquent de tout aujourd’hui : eau potable, nourriture, abris, couvertures, casseroles... Une distribution de kits de survie par l’Unicef est en cours (voir l’encadré).

5 millions de dollars pour l’urgence immédiate
Pour les mois à venir, en RCA, l’Unicef a besoin de 5 millions de dollars pour couvrir les besoins de 212 000 personnes, dont 85 000 enfants de moins de 5 ans. L’urgence est localisée dans le nord-est du pays (préfectures de Vakaga, Bamingui-Bangoran et Haute-Kotto) même si la densité de la population y est très basse depuis la fuite des habitants ; elle touche également Ouham, Gribingui et Kemo-Gribingui, (où 24 000 personnes vivent en brousse) et, enfin, le nord-ouest (Ouham Pende, Nana-Mambere) où se trouvent les déplacés et où l’on déplore le développement des rapts/rançons, les actes de banditisme sur les routes, les attaques...
Mais, au-delà des premiers secours, l’aide à plus long terme nécessitera un investissement plus important : dans ce vaste pays, bordé à l’est par le Soudan, au nord par le Tchad, au sud par le Congo et la RDCongo, des régions entières sont encore peu accessibles : outre l’insécurité, l’état des routes et les longues distances à parcourir pour l’acheminement de l’aide ont un coût élevé.

LES DOMAINES D’ACTION DE L’UNICEF EN RCA
Santé : le programme d’urgence prévoit la prise en charge des enfants des préfectures du nord, avant d’être étendu au reste du pays. Il compte la lutte contre la malnutrition des enfants de 6 à 59 mois, la vaccination et la distribution de vitamine A, moustiquaires, kits de santé et médicaments.

Education : la priorité étant la scolarisation des enfants déplacés, l’Unicef s’attèle à ramener 45 000 enfants sur les bancs d’écoles temporaires, en formant les adultes disponibles pour remplacer les enseignants qui manquent et en délivrant des « kits écoles ».

Protection : retrouver les familles des enfants non-accompagnés, empêcher l’enrôlement des enfants, prévenir les abus, y compris sexuels, et faire de la prévention aux droits de l’enfant et au VIH/sida jusque dans les écoles temporaires sont les volets du programme.

Eau et assainissement : la fourniture d’eau potable et la construction des latrines sont indispensables pour éviter la propagation du choléra. S’y ajoutent la distribution de tablettes de purification pour l’eau et de jerry cans pour la stocker. L’Unicef soutient l’entretien des points d’eau auxquels ont accès les déplacés et la sensibilisation aux bonnes pratiques d’hygiène.

VIH/sida : les combats ont désorganisé l’accès aux services de santé et à la PTME (Prévention de la transmission du sida de la mère à l’enfant) en RCA où les taux de prévalence sont déjà très élevés (15% en 2003). Avec ses partenaires, l’Unicef s’active à maintenir soins et soutien psychologique aux victimes des violences et des viols, plus particulièrement en zone rurale.

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