Travail des enfants au Bangladesh : l'UNICEF soutient une éducation de base

Publié le 11 juin 2006 | Modifié le 28 décembre 2015

L'UNICEF France soutient un programme destiné à donner un enseignement de base à des enfants citadins exploités dans des tâches dangereuses.

Au Bangladesh, 30 millions d’enfants vivent dans la pauvreté et n’ont accès ni à l’éducation ni aux services de santé de base. Malgré une initiative réussie lancée par le gouvernement en coopération avec l’Unicef dans l’industrie textile, on estime que 4,7 millions d’enfants ont un emploi au Bangladesh. Parmi eux, nombreux sont ceux qui se livrent à des travaux dangereux (dans les briqueteries, par exemple). Pour ces enfants, l’école reste une chimère ou un luxe. Ainsi les taux d’achèvement des études secondaires sont extrêmement faibles : 15% pour les garçons, 8% pour les filles.

Ces six dernières années, grâce aux efforts conjoints des communautés, du gouvernement et de l’Unicef, un projet d’éducation de base pour les enfants travailleurs du Bangladesh a permis de prendre en charge plus de 346 000 enfants dont plus de la moitié sont des filles. Beaucoup d’enfants ont réussi à rejoindre l’enseignement classique. Parallèlement, un large programme de formation à un métier a été initié pour 500 enfants marginalisés diplômés à Dhaka, 250 à Barisal et 250 à Sylhet.

Depuis 2004, la deuxième phase du projet porte sur six villes avec l’objectif d’offrir à 200 000 enfants quarante mois d’enseignement non formel. 8000 centres doivent être institués à terme sur ces six villes. Le projet porte sur des enfants de 10 à 14 ans, dont 60% de filles. Les enfants sont choisis en fonction du travail qu’ils exercent (un travail dangereux ou dans lequel ils sont exploités) et de leur coupure totale du système éducatif. Sur les 200 000 enfants, 10% bénéficieront de programmes de formation à un métier.

Le projet est encadré par le Bureau de l’éducation non formelle du Gouvernement du Bangladesh. En 2005, le financement de l’Unicef France, en partenariat avec Casino, a couvert à hauteur de 50 300 euros les activités de communication de ce projet, afin notamment de sensibiliser la société civile aux droits des enfants et à la situation des enfants face au travail.

Histoire de Razia, 13 ans

« Travailler dans un institut de beauté : je n’aurais aucun moyen de m’y préparer. J’ai beaucoup de chance de pouvoir apprendre le métier ici », remarque Razia, elle qui a terminé ses deux ans d’éducation de base dans le cadre du projet soutenu par l’Unicef et qui suit maintenant le programme de formation à un métier touchant un millier d’enfants diplômés.

Razia a treize ans et fait partie des 500 jeunes concernés par ce programme à Dhaka. Son père est maçon et sa mère femme au foyer. Elle a quatre frères et une sœur. Elle est l’aînée. Son père est le seul de cette famille nombreuse à gagner de l’argent. Ses parents voulaient qu’elle reçoive une formation dans la couture. Elle préférait se préparer à rejoindre un institut de beauté : « J’ai choisi cette formation parce qu’en ce moment il y a de la demande dans ce secteur ».

Le projet fournit 4 à 6 mois de formation dans des domaines comme la couture et la confection de robe, la restauration, l’impression de batiks, la broderie, l’électricité, la réfrigération et l’air conditionné, le dépannage audio-vidéo, les instituts de beauté, le travail du rotin, le lettrage sur écriteaux.

Razia s’est déjà vue offrir un travail dans un institut de beauté près de chez elle mais elle veut finir sa formation d’abord. « Ils voulaient que je les rejoignent dès maintenant, dit-elle fièrement, mais je les ai convaincus de me laisser le temps de finir mes cours ».

En savoir plus

Bangladesh : quelques chiffres

Enfants de 5 à 14 ans astreints au travail :

  • 3,4 millions de garçons (18,5% d’entre eux)
  • 1,3 million de filles (7,8% d’entre elles)
  • Ensemble : 4,7 millions (13,4% de la classe d’âge)

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