Un agent de santé dans le village pour soigner les enfants !

Publié le 18 juin 2012 | Modifié le 31 mars 2016

Au Malawi, de nombreuses familles habitent à plusieurs heures de marche du centre de santé le plus proche. Et quand un enfant souffre de paludisme ou de diarrhée, il faut agir au plus vite… Les communautés se sont donc organisées : des habitants ont été formés pour pouvoir diagnostiquer et prodiguer les premiers soins aux enfants ! Reportage dans le village de Chimphanga, au centre du pays.

 

Depuis deux jours Awesha, 4 ans, souffre de fièvre et de vomissements. Sa maman, inquiète, décide de l’emmener voir Blessings Makono. Cet homme, qui habite dans le même village, est « assistant de santé communautaire » : devant sa petite maison, il reçoit les mères et leurs enfants malades, à tout moment du jour ou de la nuit. Son équipement : une trousse médicale fournie par l’Unicef, contenant des antibiotiques, des médicaments contre le paludisme, des sels de réhydratation orale, du zinc…

Il ausculte la petite fille : Awesha montre des signes de malnutrition, et a contracté le paludisme. Une première dose de médicaments lui est immédiatement administrée, et la maman repart à la maison avec une prescription. « Si elle ne va pas mieux dans 3 jours, revenez me voir » conclut M. Makono.

 

« J’aime mon travail, parce que je sauve des vies »

 

M. Makono est l’un des deux assistants de santé du village. Tous les deux jouent un rôle clé dans la survie des enfants du village : ils sont le lien entre les habitants et le système de santé. « Le centre de santé le plus proche est à 14km… S’il n’y avait pas eu ce dispensaire au village, j’aurais dû louer un vélo pour emmener ma fille se faire soigner, et je n’ai pas les moyens : chaque trajet coûte 600 kwachas ! » L’équivalent de 2€, alors que près de la moitié des habitants du pays vivent avec moins de 70 cents par jour.

« J’aime mon travail, parce que je sauve des vies » explique M. Makono dans un grand sourire. « Je soigne en moyenne 15 à 20 enfants par jour. Le plus souvent, ils souffrent du paludisme, de diarrhées, de pneumonie ou d’infection oculaire. Si l’état de santé de l’enfant ne s’améliore pas dans les trois jours qui suivent, alors je le réfère au centre de santé pour une prise en charge plus poussée.
Depuis que j’ai commencé ce travail, il y a 15 ans, aucun enfant du village n’est mort d’une maladie que je pouvais soigner. »

 

Des soins, mais aussi de la prévention

 

Quand il ne soigne pas les enfants, M. Makono fait des visites à domicile, au cours desquelles il propose des séances de sensibilisation aux parents, sur différents sujets : l’allaitement maternel exclusif jusqu’à 6 mois qui protège la santé du nouveau-né, l’utilisation de moustiquaires imprégnées d’insecticide comme moyen de prévention contre le paludisme, le lavage des mains et les gestes d’hygiène, l’importance de boire de l’eau potable… Par ailleurs, chaque mois, des infirmières du centre de santé viennent au village pour effectuer des gestes de santé cruciaux : vaccination, pesée, traitement des vers intestinaux, et distributions de moustiquaires, fer, vitamine A, acide folic, micronutriments…

Le Malawi compte aujourd’hui plus de 12 000 assistants de santé communautaires. La majorité d’entre eux n’a qu’un certificat d’études secondaires, mais une formation de 3 mois est suffisante pour savoir diagnostiquer et soigner les maladies infantiles les plus courantes. Ce programme a fortement contribué aux progrès du pays en matière de réduction de la mortalité infantile : le nombre de décès d’enfant de moins de 5 ans est passé de 222 à 92 décès pour 1000 naissances vivantes !

Les maladies responsables du plus grand nombre de décès d’enfants (paludisme, diarrhée et pneumonie) sont non seulement évitables… mais peuvent être prises en charge grâce à des traitements simples comme ceux qu’administre M. Makono dans son petit dispensaire !

 

 

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Un appel à l’action

En 1990, plus de 12 millions d’enfants mourraient avant leur 5e anniversaire.
En 2010, ce chiffre est passé à 7,6 millions.
Des milliers d’enfants continuent de mourir chaque jour de maladies que l’on sait prévenir.

Sauver 45 millions de vies d’enfants d’ici à 2035, c’est possible !

Votre don

25€ = par exemple 415 doses de vitamine A en capsule, pour prévenir et traiter le manque de ce micronutriment chez l’enfant.

50€ = par exemple 1000 sachets de de sel de réhydratation orale que l’on mélange à de l’eau pour lutter contre la déshydratation et la diarrhée chez les enfants (1 sachet = 1 litre).

Au Malawi...

64 000 enfants meurent chaque année avant leur 5e anniversaire

30% seulement des enfants présumés atteints d'une pneumonie reçoivent des antibiotiques

 

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