Un enfant malien meurt toutes les 5 minutes !

Publié le 09 avril 2010 | Modifié le 31 mars 2016

Au Mali, la moitié de ces décès d’enfants sont liés à la malnutrition. Combat de l’Unicef et de ses partenaires : promouvoir les « gestes qui sauvent » dans ce pays.

Une campagne d’affichage, des spots TV, des messages radio... L’Unicef et ses partenaires sortent le grand jeu. Depuis la mi-mars,quatre "gestes qui sauvent" ou "bonnes pratiques" sont diffusées et promues auprès de la population malienne. Utilisation de moustiquaires imprégnées, lavage de mains avec du savon et prise en charge de la diarrhée. Sans oublier l’allaitement maternel. « La malnutrition des enfants au Mali est souvent liée à des mauvaises pratiques, explique Katrien Ghoos, chef de la nutrition à Bamako. D’où l’importance de communiquer sur les bonnes pratiques, notamment l’allaitement maternel exclusif jusqu’aux 6 mois du bébé. En développant ce type de bonnes pratiques, on peut réduire d’un tiers la mortalité infantile.»

Changer les gestes… mais garder l’esprit

Entre 2001 et 2006, la mortalité infantile a baissé de 17% au Mali. Mais il reste du chemin à parcourir ! Un enfant sur cinq meurt toujours avant son cinquième anniversaire. Certaines pratiques sont très ancrées et parfois dangereuses pour l’enfant. « De nombreux parents donnent par exemple de la tisane aux nourrissons car il fait chaud mais sans savoir que ce n’est pas bon pour eux et que le lait maternel suffit amplement, poursuit Katrien Ghoos. Dans d’autres familles, la tradition veut que l’on donne du beurre de karité aux petits. Et certains parents étalent des épices sur le ventre de l’enfant pour le protéger, au risque de créer une infection mortelle car le nombril du nouveau-né n'est pas encore cicatrisé. Il faudrait changer ce type de gestes qui ne sont pas bons pour les bébés mais tout en gardant l’esprit de la tradition. Par exemple en mettant les épices sur la tête, ou autre !»

Sur le terrain, l’Unicef travaille avec des relais communautaires, des personnes qui transmettent les messages essentiels aux familles, les informent sur les pratiques qui peuvent sauver les vies des enfants.

Quand les mères n’ont pas le pouvoir…

Dans les familles maliennes, ce ne sont pas toujours les mères qui prennent les décisions pour leurs enfants, les grands-mères jouent par exemple un rôle décisif dans la reproduction de gestes, parfois dangereux pour les bébés. « J’ai vu une infirmière qui faisait de la prise en charge d’enfants malnutris dans un centre de nutrition, raconte Brigitte Helali, de l’Unicef Mali. Son propre enfant est mort de la malnutrition ! Cette femme avait beau connaître les gestes qui sauvent pour son travail, à la maison le poids des traditions l’a rattrapée… Elle n’avait pas le pouvoir chez elle. »

Le Mali voit son indice de développement humain classé à la 178e place sur 182 pays. C’est le pays le moins bien développé parmi les pays stables politiquement. Souvent éloignée des projecteurs, la situation des enfants maliens peut être qualifiée d’"urgence silencieuse".  Sur le terrain, la mobilisation doit continuer. Le personnel de l’Unicef sur place espère que des fonds pourront être collectés pour lutter contre la mortalité infantile. « Une génération de plus dans cet état, ça va donner quoi ? »

Affiche pour la promotion de l’allaitement maternel diffusée ces dernières semaines au Mali (© Unicef Mali).

 

 

 

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