UNICEF France débloque 100 000 euros pour lutter contre l'épidémie de diarrhée

Publié le 03 août 2005 | Modifié le 28 décembre 2015

Afin de faire face à l'épidémie de diarrhée aqueuse aiguë qui sévit à Kaboul, l'UNICEF va lancer, sur trois mois (août à octobre 2005), des programmes d'aide à la prise en charge des victimes et de sensibilisation des populations dans le but de contenir et de prévenir la maladie. Pour mener à bien ce projet, l'UNICEF a besoin de 573 868 dollars. L'UNICEF France apportera une aide d'urgence de 100 000 euros. Depuis mai 2005, le nombre de cas de diarrhée augmente de façon exponentielle : 18 000 cas de diarrhée aiguë ont été enregistrés dans 22 sites de surveillance à Kaboul du 22 juin au 15 juillet et 8 décès ont été reportés. Après analyse, sur 51 échantillons suspects envoyés au laboratoire central de Kaboul, 35 ont confirmé la présence de Vibrio cholerae . Des tests de qualité de l'eau à Kaboul ont montré que 18% des points d'eau sont contaminés par des bactéries pathogènes et des éléments chimiques. « En réponse à cette situation, l'UNICEF va mener un programme de prise en charge des personnes atteintes de diarrhée aiguë, d'approvisionnement en eau potable, de sensibilisation à la prévention de la maladie et de formation de 350 agents de santé au contrôle des maladies diarrhéiques dans 32 provinces du pays », indique Jacques Hintzy, Président de l'UNICEF France. Un million d'individus bénéficieront du programme de purification de l'eau à Kaboul. L'UNICEF assurera également la fourniture des médicaments et de l'équipement essentiels à la prise en charge de 26 000 cas de diarrhée modérée et aiguë. L'UNICEF appuiera en outre des programmes de chlorination de l'eau en trois temps (par intervalle de 21 jours) de 137 000 puits et des12 réservoirs principaux de Kaboul. Une approche multi-sectorielle sera privilégiée afin d'impliquer tous les acteurs des communautés aux problématiques de l'hygiène, de l'eau et de l' assainissement. La sensibilisation des populations se fera au sein même des foyers, des mosquées et des écoles et par le biais des médias Alors que le gouvernement afghan tente de décentraliser la gestion de l'aide d'urgence et de l'alerte précoce aux catastrophes, les bureaux de l'UNICEF dans les provinces jouent un rôle important pour fournir un appui aux autorités locales aux niveaux régional et provincial. En coopération avec les autorités locales, les agences des Nations unies et les ONG, l'UNICEF coordonne la fourniture de l'aide afin d'éviter le double emploi. Le projet sera évalué par l'UNICEF dans chacune des 32 provinces. Lorsque l'évaluation sera impossible à mener dans certaines régions du pays en raison de l'insécurité, elle se fera par le biais d'ONG nationales et internationales sélectionnées par l'UNICEF. L'Afghanistan aujourd'hui : quelques données Plusieurs décennies de guerre ont laissé l'Afghanistan en ruines. Depuis la chute des Talibans en 2001, l'UNICEF et d'autres agences internationales fournissent au pays les services d'aide humanitaire dont il a besoin de toute urgence. 57 % des Afghans ont moins de 18 ans : les efforts en faveur des enfants sont donc un élément clé de l'avenir de la nation. Les taux de mortalité des nourrissons et des moins de cinq ans en Afghanistan sont parmi les plus élevés au monde. La diarrhée, les infections respiratoires, le paludisme et la malnutrition en sont les principales causes. Le taux de mortalité maternelle est alarmant : 17 000 Afghanes meurent chaque année de complications liées à la grossesse ou à l'accouchement. 90 % des femmes en milieu rural mettent leurs enfants au monde sans aucun soin médical. La majorité de la population n'a pas accès à l'eau potable et à l'assainissement. En outre, les catastrophes naturelles comme les tremblements de terre, les inondations et la sécheresse, ainsi que le danger des mines terrestres et des munitions non explosées, menacent la sécurité des habitants. Actions et réalisations de l'UNICEF en Afghanistan Avec l'aide de l'UNICEF, 6,7 millions d'enfants ont été vaccinés contre la poliomyélite en 2004. Aucun nouveau cas de polio ne s'est déclaré en Afghanistan depuis mai 2004, ce qui est la plus longue période de l'histoire du pays. 5,7 millions d'enfants ont reçu des suppléments de vitamine A; et le programme de vaccination contre le tétanos a été élargi à 3 millions de femmes dans les zones rurales. La mise sur pied de nouveaux centres de santé permettra de vacciner les enfants plus régulièrement. Trois nouvelles usines d'iodation du sel ont contribué à faire chuter le taux de la carence en iode dans 90 % du pays. Avec l'aide de l'UNICEF, cinq nouvelles cliniques d'obstétrique régionales ont été ouvertes et les soins obstétriques d'urgence ont été renforcés dans les établissements existants. Depuis 2001, les taux d'inscription à l'école primaire ont été multipliés par dix pour les filles et ont augmenté de deux tiers pour les garçons - ce qui est un signe très positif, car l'UNICEF promeut l'école en tant que véhicule du changement social au sens large. L'UNICEF a élaboré de nouveaux programmes et de nouveaux manuels scolaires et a formé 29 000 enseignants. En 2004, l'UNICEF Afghanistan a soutenu la construction ou la remise en état de 193 écoles, y compris l'approvisionnement en eau propre et l'installation de latrines salubres. La création d'écoles au niveau de la communauté a permis de faire entrer dans le système d'éducation des centaines de milliers de filles, dont beaucoup n'avaient jamais été scolarisées. À la demande pressante de l'UNICEF, le Gouvernement de l'Afghanistan a adopté un code de justice pour mineurs qui offre un cadre de protection des droits des enfants afghans.

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