Vigilance pour les enfants séparés de leurs familles

Publié le 22 janvier 2010 | Modifié le 14 janvier 2016

Jacques Boyer, représentant adjoint de l’Unicef Haïti, explique les mesures mises en place pour la protection des enfants et les secours apportés aux populations sinistrées.

Que fait l’Unicef pour protéger les enfants ?

Nous visitons les crèches et les orphelinats les uns après les autres. Lorsque nous estimons qu’il n’y a pas assez de personnel pour s’en occuper, nous référons les enfants vers l’un des centres d’accueil qui ont été ouverts et où la prise en charge est bien assurée (hier, c’est ce que nous avons fait pour six enfants, sur les 8 orphelinats que nous avons visités). Le personnel de santé a été sensibilisé pour nous communiquer les cas d’enfants séparés de leurs familles ou non accompagnés. En lien avec l’Unicef, une brigade de protection des mineurs redouble de vigilance à l’aéroport de Port-au-Prince et à la frontière avec la République Dominicaine, et le Premier Ministre haïtien s’est engagé à signer personnellement tous les accords d’adoption, afin d’éviter les abus. Enfin, il faut dire que le bureau de l’Unicef en Haïti travaillait déjà avant le séisme sur des programmes de lutte contre les trafics, et ce en lien avec nos collègues de St Domingue et de la République Dominicaine.

Dans quels domaines, l’action de l’Unicef a-t-elle été la plus déterminante dans cette période d’immédiate urgence ?

L’Unicef est l’agence leader sur les questions d’eau et d’assainissement. Aujourd’hui, 180 000 personnes ont accès à l’eau potable à Port-au-Prince grâce à notre intervention et à celle de nos partenaires. Nous sommes en train d’étendre le dispositif aux autres villes affectées par la catastrophe. Et à Port-au-Prince, nous installons des latrines sur les sites de regroupements de population.

Quelles sont les mesures prises en matière de santé et de nutrition ?

Une campagne de vaccination contre la rougeole, avec distribution de vitamine A, débutera la semaine prochaine : elle cible 300 000 enfants âgés de 6 mois à 5 ans, d’abord à Port-au-Prince, ensuite dans les autres villes. Pour la nutrition, un centre a été ouvert à Jacmel avec le Programme alimentaire mondial pour distribuer des bouillies nutritives aux enfants de moins de 5 ans. L’idée est de leur fournir d’autres services par la même occasion, y compris des activités récréatives pour permettre leur rétablissement sur le plan psychosocial.