Virus de Marburg : mobilisation contre l'épidémie en Angola

Publié le 07 avril 2005 | Modifié le 28 décembre 2015

Selon les derniers chiffres, plus de 150 personnes sont déjà mortes de la fièvre de Marburg et 175 ont contracté la maladie en Angola.

Les premiers symptômes incluent une forte fièvre, des maux de têtes, vomissements et diarrhée, qui entrainent une hémorragie interne puis la mort. Mario Ferrari le représentant UNICEF pour l’Angola a déclaré : « Le virus de Marburg est très contagieux et le taux de mortalité de la fièvre s’élève de 30 à 35%. Ce virus n’est pas très bien connu, il y a eu très peu d’épidémies dans le monde jusqu’à aujourd’hui. La propagation et l’ampleur de l’épidémie en Angola est un phénomène nouveau. »

C’est en effet la plus grave épidémie de cette maladie jamais enregistrée. Le virus de Marburg se transmet par les fluides corporels (la salive, le mucus, la sueur), il est de la même famille que celui mortel d’Ebola.

Les enfants durement touchés par cette fièvre hémorragique mortelle et incurable
La plupart des infections ont touché des enfants de moins de 15 ans et tous les cas sont localisés dans la province de Uige au Nord. En date du 28 mars, sur les 116 cas confirmés, 99 étaient des enfants de moins de 15 ans. Les moins de 5 ans représentent 68% des cas.

L’épidémie en Angola mobilise des épidémiologistes du monde entier, qui ne travaillent pas seulement pour contenir la maladie mais aussi pour essayer de déterminer pourquoi tant d’enfants ont été infectés.

« La situation est très préoccupante, de nouveaux cas sont rapportés quotidiennement » a déclaré Mario Ferrari. « Bien que la réponse à l’urgence s’intensifie, on est loin de pouvoir dire que la situation est sous contrôle. »

L’UNICEF et l’OMS travaillent en étroite collaboration avec le ministère de la santé angolais pour mobiliser les ressources nécessaires pour combattre l’épidémie. Des vêtements de protection pour le personnel de santé – lunettes, masques, bottes, gants…- sont indispensables, ainsi que du désinfectant, des sacs pour les cadavres, des trousses d’urgence et des médicaments essentiels.

« En plus des besoins immédiats à Uige, nous devons nous préparer au pire et nous assurer que les provinces voisines ont des stocks suffisants pour faire face à une épidémie potentielle, » a ajouté Mario Ferrari. « On doit aussi s’assurer que les dispensaires de ces provinces à risque ont suffisamment de moyens et de médicaments pour fournir les soins et les traitements de routine. »

L’UNICEF est ses partenaires ont lancé une campagne d’information à destination du personnel médical, du grand public et des enfants pour expliquer comment éviter de contracter la maladie. Dépliants, posters, spots radio et télé sont diffusés dans tout le pays et seront disponibles en portugais et dans les huit langues les plus utilisées du pays.

Des centaines de travailleurs médicaux font du porte à porte à Uige pour rassurer les habitants sur leur peur de se rendre à l’hôpital s’ils tombent malades. « C’est encourageant et rassurant de voir que toute la population à Uige reprend confiance en l’hôpital et souhaite même avertir des cas suspects, » a affirmé Ted Garcia, responsable de programme UNICEF basé à Uige.

Le 7 avril, l’UNICEF, l’OMS et le PAM ont lancé conjointement un appel de fonds d'un montant de 3,5 millions de dollars pour une durée de trois mois pour lutter contre le virus.

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