Yémen : la santé de millions d’enfants menacée

Le conflit en cours au Yémen ravage le système de santé du pays et expose des millions d’enfants au risque de contracter des maladies évitables, indique l’UNICEF.

Les enfants ne peuvent plus être vaccinés

« Les enfants ne sont pas vaccinés, soit parce que les centres de santé ne disposent pas de l’électricité ou du fuel dont ils ont besoin pour conserver les vaccins et les distribuer, soit parce que les parents sont trop effrayés par les combats pour emmener leurs enfants se faire vacciner » explique Peter Salama, le Directeur régional de l’UNICEF pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord. Selon l’UNICEF, suite à l’arrêt des services de vaccination, 2,6 millions d’enfants de moins de 15 ans sont menacés par la rougeole, une maladie potentiellement fatale et qui se répand rapidement en période de conflit et de déplacements de population. « Les conséquences sont tragiques : des enfants sont en train de mourir de maladies comme la rougeole ou la pneumonie qui sont normalement tout à fait évitables ».

L’accès à tous les traitements restreint

Le nombre d’enfants exposés à des infections respiratoires aiguës est susceptible d’avoir atteint 1,3 million depuis l’escalade du conflit en mars. De nombreux hôpitaux et centres de santé ne fonctionnent plus correctement au Yémen, ce qui rend l’accès aux traitements de plus en plus difficiles pour les parents. D’autre part, 2,5 millions d’enfants (contre 1,5 million avant conflit) risquent de souffrir de diarrhée à cause de l’indisponibilité de l’eau potable, des conditions sanitaires précaires et de l’accès restreint aux sels de réhydratation orale. La malnutrition est aussi un grave danger : l’UNICEF estime que plus de 500 000 enfants de moins de 5 ans pourraient être atteints de malnutrition aiguë sévère au cours des 12 prochains mois si la situation continue de se dégrader. Ils étaient 160 000 avant la crise. Les enfants de moins de 5 ans qui risquent d’être atteints de malnutrition aiguë modérée sont 1,2 million, soit pratiquement le double de leur nombre d’avant-crise.

Il faut un cessez-le-feu humanitaire au Yémen

En dépit d’une situation extrêmement difficile, l’UNICEF et ses partenaires continuent de vacciner des enfants et d’apporter des soins à ceux qui sont malades ou dénutris. Des programmes de prévention et de surveillance nutritionnelle (qui comprennent des équipes mobiles de santé et de nutrition ainsi que des campagnes de vaccination localisées) sont mis en place dans les zones les plus affectées pour détecter toute augmentation du nombre d’enfants atteints d’une maladie contagieuse ou de malnutrition et réagir en conséquence. Ces interventions, renforcées par le soutien de l’UNICEF et ses partenaires à l’installation ou la distribution d’eau potable, de matériel d’hygiène et d’équipements sanitaires, sont essentielles pour éviter une crise de santé publique.

Au moins 279 enfants ont été tués et 402 autres blessés par le conflit et son aggravation fin mars. L’UNICEF réitère l’appel du Secrétaire général des Nations Unies aux parties en conflit : il faut instaurer un cessez-le-feu pour permettre à l’aide humanitaire d’urgence d’atteindre ceux qui en ont besoin.

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