République Centrafricaine : des groupes armés s’accordent à libérer des milliers d’enfants recrutés

Publié le 05 mai 2015 | Modifié le 24 juillet 2015

Bangui,  République  Centrafricaine,  5  mai  2015  -  Les  responsables  de  groupes  armés  en Centrafrique se sont engagés aujourd’hui à libérer tous les enfants actuellement dans leurs rangs et à cesser immédiatement tout nouveau recrutement de mineurs.

L’UNICEF estime qu’entre 6 000 et 10 000 enfants sont actuellement associés à des groupes armés en Centrafrique. Cette estimation englobe les enfants envoyés au combat ou utilisés à des fins d’exploitation sexuelle, mais aussi ceux qui sont recrutés comme cuisiniers, porteurs, messagers ou d’autres fonctions au sein du groupe armé.

« Cet engagement marque une avancée majeure pour mieux protéger les enfants dans ce pays », a déclaré Mohamed Malick Fall, représentant de l’UNICEF en Centrafrique. « La République Centrafricaine est l’un des pays où la condition des enfants est la plus difficile, et l’UNICEF se réjouit de pouvoir travailler avec les autorités pour aider à la réinsertion de ces enfants dans leurs familles et leurs communautés ».

L’accord, obtenu grâce aux efforts de l’UNICEF et de ses partenaires, a été signé au deuxième jour du Forum national de réconciliation de Bangui, qui a pour objectif de restaurer la paix dans un pays déchiré par un conflit. Le forum rassemble les membres du gouvernement et du parlement, les représentants des partis politiques, de la société civile, les responsables religieux et communautaires ainsi que les leaders des groupes armés.

A la suite de cette signature, les parties vont s’entendre sur un calendrier et un plan d’action pour la libération des enfants, leur réintégration dans leurs familles et leurs communautés, ainsi que la mise en place de mécanismes de protection et d’appui visant à leur permettre de reprendre une vie normale.

Les responsables des groupes armés se sont aussi engagés à garantir à l’UNICEF et à ses partenaires un accès immédiat et sans restrictions aux zones qu’ils contrôlent, de manière à pouvoir recenser les enfants et préparer le processus de libération.

Plongée dans la violence depuis plus de deux ans, la République Centrafricaine est aujourd’hui un pays où sévit l’une des plus graves et des plus silencieuses crises humanitaires de la planète. Vu les fonds limités actuellement disponibles pour répondre à l’urgence, la libération des enfants par les groupes armés ne fera qu’augmenter les besoins de financement nécessaires.

En 2014, l’UNICEF et ses partenaires en République Centrafricaine avaient déjà permis la libération de plus de 2 800 enfants, parmi lesquels 646 filles, alors que 500 enfants avaient été libérés en 2013.