Crise des réfugiés et migrants en Europe : enfants en danger

Publié le 06 juin 2016 | Modifié le 09 juin 2016

Crise des réfugiés et migrants en Europe : enfants en danger

Le nombre de réfugiés dans le monde et en particulier en Europe n’a jamais été aussi important depuis 1945. Aujourd’hui en Europe plus de 60 % des personnes qui arrivent sont des femmes et des enfants. Cette crise est avant tout une crise pour les enfants. Fuyant le chaos ou une absence totale d’avenir, d’où viennent ces familles et ces enfants seuls, où vont-ils ? Que risquent-ils en chemin et comment l’UNICEF leur vient en aide ? Réponse dans ce dossier.

« Personne ne met ses enfants dans un bateau à moins que l’eau ne soit plus sûre que la terre... » – Warsan Shire, poétesse Somalienne.

Ils risquent les pires dangers, et même leur vie. Et pourtant, des centaines de milliers d’enfants, et parmi eux des dizaines de milliers des mineurs seuls, sans parent ou adulte de confiance, se lancent dans ce dangereux périple, dans l’espoir de trouver en Europe la sécurité, ou une vie meilleure… parfois pour rejoindre des proches qui y sont déjà.

Pourquoi ont-ils tout quitté ?

Ils viennent en grande majorité (78%) de Syrie, d’Afghanistan ou d’Irak, mais également de la Corne de l’Afrique (Somalie, Erythrée…), d’Afrique de l’Ouest (Nigéria, Mali…), d’Afrique du Nord (Libye, Egypte…) ou même d’Asie. Ils fuient la guerre, la violence, la dictature, la pauvreté extrême, la sécheresse, le mariage forcé ou l’absence d’avenir.

Pourquoi cette crise mondiale atteint-t-elle désormais davantage l’Europe ?
Parce que 15 nouveaux conflits ont éclaté ou se sont rallumés ces cinq dernières années.
Parce que le  nombre de « situations d’urgence prolongées » est en augmentation.
Parce que plus les crises s’aggravent et persistent, plus risqués sont les voyages que les familles se résignent à entreprendre vers la  sécurité et l’espoir…

Plus le voyage est long, plus grand est le nombre de frontières à traverser, plus grands sont les risques pour tous et en particulier pour les enfants.

Le danger, à chaque pas

Ils ont fui les pires épreuves que l’on puisse imaginer pour un enfant : les bombes, la faim, la peur, le recrutement forcé dans des groupes armés...

En chemin, le cauchemar continue : détention, viol et grossesse non désirée, travail forcé, prostitution forcée, violences physiques… Sans compter que la traversée de la Méditerranée est l’itinéraire de migration le plus dangereux au monde : plus de 5000 personnes ont trouvé la mort en mer entre janvier 2015 et avril 2016, dont, peut-on estimer, environ un tiers d’enfants.

Pour ceux qui arrivent enfin à destination, plus vulnérables que jamais, un autre périple commence : celui de l’adaptation et l’intégration dans un pays dont ils ne parlent pas la langue, ne connaissent pas la culture, dans lesquels ils peuvent être victimes de stigmatisation et de marginalisation – quand ils ne finissent pas par repartir à la case départ, rapatriés car leur dossier de demande d’asile a été rejetée.

 

L’action de l’UNICEF

Qu’ils soient réfugiés ou migrants, demandeurs d’asile ou personnes déplacées, ces enfants sont d’abord et avant tout des enfants, avec les mêmes droits que tous les autres enfants – droits que la France et ses voisins européens se sont engagés à garantir, sans distinction, le jour où ils ont signé la Convention internationale des droits de l’enfant.

L’UNICEF intervient à toutes les étapes du parcours de ces enfants et leurs familles :
-dans leur pays d’origine, grâce à des programmes d’aide humanitaire et de développement, que ce soit en matière de santé, de nutrition, d’eau et assainissement, d’éducation…
-dans les pays de transit, notamment grâce aux « Points Bleus », des espaces aménagés spécialement pour les enfants, où, au milieu du chaos et de la confusion, ils leur offrent un endroit sécurisé, où ils peuvent être pris en charge, jouer, redevenir des enfants…
-dans les pays de destination, l’UNICEF répond à la crise par une combinaison d’actions de plaidoyer institutionnel, d’assistance technique aux gouvernements, de renforcement des capacités…

Que puis-je faire ?

La dernière chose dont ont besoin ces enfants en quête de refuge et victimes de la guerre, du changement climatique ou de la pauvreté, c’est de se voir étiquetés. Qu’ils soient réfugiés ou migrants, demandeurs d’asile ou personnes déplacées, ils sont d’abord et avant tout des enfants.
La manière dont nous répondrons à leurs besoins relève de notre responsabilité commune. Que ce soit une réponse mondiale, nationale, ou un modeste acte d’humanité dans nos rues ou dans nos écoles, nous pouvons tous faire quelque chose. C'est pourquoi l'UNICEF a lancé la campagne #ActeDhumanité (ou #ActOfHumanity en anglais) :

   Informez-vous et combattez la stigmatisation : c’est bien connu, nous avons peur de ce que nous connaissons mal – tandis que la connaissance est le premier pas vers la compréhension et l’empathie, et permet de dissiper les rumeurs et mythes qui se répandent avec la désinformation… Renseignez-vous sur ce qui a poussé les réfugiés à quitter leurs foyers et des difficultés auxquelles ils font face en chemin, ainsi que sur l’aide qui leur est apportée, et diffusez la bonne information !

   Partagez l’initiative #ActeDhumanité : parlez-en sur les réseaux sociaux avec le hashtag #ActeDhumanité (ou #actofhumanity), partagez les actes d’humanité que vous observez autour de vous ou en ligne, et encouragez votre entourage et vos réseaux à faire de même…
  
   Éduquez : si vous êtes enseignant, organisez un cours pour sensibiliser vos élèves à la question des réfugiés et donnez-leur un travail à faire qui stimule l’empathie. Si vous êtes étudiant ou élève, suggérez-le à votre enseignant ! [Bientôt un outil pédagogique gratuit sur unicef.fr]
  
   Connectez-vous : si vous êtes étudiant, organisez, avec votre association d’étudiants par exemple, une activité de rencontre amicale où réfugiés et étudiants peuvent faire connaissance dans une atmosphère détendue. Si vous aimez votre ville, vous pouvez proposer des « visites gratuites pour les réfugiés » afin de les familiariser avec leur nouvel environnement, comme ici à Berlin ou Sofia…

 

Vous pouvez également soutenir l’UNICEF dans ses actions sur le terrain dans les pays d’origine ou de transit de ces enfants, notamment en faisant un don en ligne, ou en nous permettant d’envoyer directement sur le terrain de l’aide d’urgence (couvertures, bâches, kits de premiers secours ou d’hygiène), du matériel de santé ou encore des fournitures scolaires… Merci de votre soutien !

 

Média

Des centres “Points bleus” sur la route des enfants réfugiés fuyant vers l'Europe

De plus en plus d'enfants réfugiés arrivent en Europe. Afin de mieux les protéger, le HCR et l'UNICEF ont crée les "Points bleus" : des endroits où ces enfants et leurs familles pourront bénéficier d'espaces sécurisés, de services essentiels et de soutien psycho-social.

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    Elle s’appelle Mary. Elle vient de la ville de Benin City au Nigeria. Quand elle avait 17ans, Mary a essayé de fuir une vie sans espoir afin de travailler dans un restaurant en Italie. Au lieu de cela, elle s’est retrouvée piégée dans le trafic sexuel.
    Son histoire est une histoire que l’UNICEF a déjà entendu maintes et maintes fois... 

  • Cinq fois plus d'enfants réfugiés et migrants voyageant seuls
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