République centrafricaine : les clés pour comprendre la crise qui touche les enfants

Publié le 10 décembre 2018 | Modifié le 10 décembre 2018

République centrafricaine : les clés pour comprendre la crise qui touche les enfants

La République centrafricaine est depuis plusieurs années au cœur d’un conflit peu médiatisé, mais dont les conséquences sont tragiques pour les enfants de la région. Sur le terrain, UNICEF agit contre la malnutrition et s’efforce d’apporter protection et éducation aux plus vulnérables.

La situation de la République centrafricaine (RCA) s’est particulièrement détériorée en mars 2013 lorsqu’une coalition rebelle a évincé du pouvoir le président François Bozizé. Après des décennies d’instabilité, le pays a alors connu un gouvernement de transition, mais des factions adverses se sont violemment opposées. Le banditisme a prospéré et des affrontements interreligieux entre chrétiens et musulmans ont éclaté. Cette insécurité croissante a provoqué la mort de milliers de personnes. On recense par ailleurs des centaines de milliers de déplacés au sein du pays et de réfugiés dans les États limitrophes. Plus de 25% des enfants de RCA sont des déplacés ou des réfugiés.

République centrafricaine (carte)

Ces derniers mois, les combats se sont intensifiés. Des régions auparavant épargnées par la violence sont maintenant touchées. Mais très peu d’attention est accordée à ce pays où deux tiers des enfants sont si démunis qu’ils dépendent de l’aide humanitaire.

À quoi est due la malnutrition des enfants en République centrafricaine ?

Les affrontements armés privent la population de l’accès aux cultures agricoles et la nourriture se fait donc extrêmement rare. La RCA est touchée par une famine qui se manifeste de façon criante sur les corps faméliques des enfants. Les plus chanceux d’entre eux sont parvenus jusqu’au service nutrition de l’unique hôpital pour enfants du pays, mais de nombreux autres meurent, affaiblis et affamés.

Quel est le quotidien des enfants en République centrafricaine ?

Beaucoup d’enfants sont enrôlés dans des groupes armés car leurs parents ont été tués ou parce qu’ils avaient faim et espéraient pouvoir s’y nourrir. Ces milices n’offrent cependant aucune protection et ne permettent pas d’avoir un avenir ou une vie décente. Les filles y sont victimes de viols et d’agressions sexuelles.

Les lieux réputés sûrs ne le sont plus : les écoles, les hôpitaux et les lieux de culte font de plus en plus souvent l’objet d’attaques dans ce pays où 80% du territoire est contrôlé par des groupes armés.

Quelles sont les solutions proposées par UNICEF ?

Pour sortir durablement des crises répétées, les enfants et les familles de République centrafricaine ont dans l’immédiat besoin d’un important déploiement d’aide humanitaire et d’une stratégie de développement qui prenne en compte l’intervention d’urgence. Un financement pluriannuel souple – des revers et des chocs sont à prévoir – semble inévitable.

Les chiffres :

La République centrafricaine est 188e sur 189 selon l’indice de développement humain des Nations unies.
Le taux de mortalité néonatale est le deuxième plus élevé au monde : un nouveau-né sur 24 meurt dans les 28 premiers jours. Par comparaison, ce taux est de 1 sur 1 000 en Islande.
Environ 50% de la population n’a pas accès à l’eau potable et 75% ne disposent pas des installations sanitaires de base.
Le taux d’abandon scolaire est de 70%.
Aujourd’hui, 1,5 million d’enfants ont besoin d’aide humanitaire contre 1,2 million en 2016.
On compte plus de 620 000 Centrafricains déplacés, contre 369 000 en juin 2015.
Le nombre d’enfants atteints de malnutrition aiguë sévère passera de 32 348 en 2014 à plus de 43 000 en 2019 d’après les projections.
La République centrafricaine se classe au dernier rang de 119 pays d’après l’indice mondial de la faim de 2018.
Les agents humanitaires sont de plus en plus pris pour cibles : 67 ont été attaqués en 2017 et 294 de janvier à août 2018.
L’objectif de financement humanitaire de l’UNICEF, fixé à 50 millions d’euros en 2018, n’a été atteint qu’à hauteur de 44% en octobre.
L’espérance de vie moyenne des enfants centrafricains est de 52 ans – c’est la plus basse du monde.
Plus des deux filles sur trois sont mariées avant l’âge de 18 ans et 29% le sont avant l’âge de 15 ans.

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