Alerte famine : plus d’1,4 million d’enfants en danger de mort

Publié le 31 mars 2017 | Modifié le 03 avril 2017

En Somalie, au Yémen, au Soudan du Sud et au Nigéria plus de 22 millions d’enfants sont menacés par la guerre, les maladies, la sécheresse… Parmi eux, plus d’1,4 million risquent de mourir de malnutrition du fait de la famine qui s’annonce. L’UNICEF agit sur le terrain mais les fonds manquent. Appel à la générosité pour sauver ces enfants pour qui le temps est compté…

Mourir de faim en 2017. Impensable, et pourtant, c’est ce qui est en train de se produire.

En 2011, au moins 100 000 enfants sont morts à cause de la famine parce que le monde n’a pas réagi assez vite. Aujourd’hui, la famine est à nouveau aux portes de plusieurs pays du continent africain et de la péninsule arabique – Nigéria, Somalie, et Yémen, et même déjà officiellement déclarée au Soudan du Sud – et menace la vie plus d’1,4 million d’enfants.

Une famine provoquée par l’homme, exacerbée par la sécheresse… et dont les enfants sont les premières victimes. Comme le petit Mohanned, 5 ans, qui lutte pour sa vie dans un hôpital du nord-ouest du Yémen. A chaque respiration il grimace de douleur. Son grand-frère, impuissant, tient ses frêles mains dans les siennes pour le rassurer. « J’ai déjà perdu un cousin aujourd’hui à cause de la malnutrition, confie-t-il, je ne peux pas perdre mon petit frère… »

Pourquoi la famine menace aujourd’hui ces pays ?

Les principaux facteurs à l’origine de l’insécurité alimentaire et la malnutrition dans ces pays ?
Les conflits, les violations des droits humains (notamment les déplacements de population forcés), les sècheresses successives et l’augmentation des prix des denrées alimentaires.

La logique est implacable : les violences obligent les familles à fuir et abandonner leurs moyens de subsistance (ce qui les rend plus vulnérables à l’insécurité alimentaire et, faute d’accès à l’eau potable et aux soins, plus vulnérables également aux maladies), obligent les fermiers à laisser leurs cultures et leur bétail (ce qui entraine une baisse des aliments disponibles sur les marchés), et fragilisent encore davantage les systèmes de santé qui peinaient déjà à prendre en charge les enfants souffrant du paludisme, de pneumonie, de diarrhées graves, ou encore d’infections respiratoires.

Enfin, les stratégies militaires utilisées par les parties aux conflits exacerbent la menace de famine qui pèse sur les enfants. Comment ? En bloquant l’accès à l’aide humanitaire, en bombardant des infrastructures indispensables pour les denrées alimentaires et la santé, en détruisant volontairement les cultures dans les champs…
 

De quelle manière les enfants sont-ils impactés ? 

Au Soudan du Sud, l’état de famine a été déclaré par le gouvernement le 20 février 2017 dans certaines zones du pays. On estime que 42% de la population est impactée par une situation d’insécurité alimentaire grave, et que plus d’1 million d’enfants souffrent de malnutrition aiguë, dont 280 000 dans sa forme la plus sévère.

Au Nigéria, quelque 450 000 enfants souffrent de malnutrition aiguë sévère dans les états affectés par le conflit. Il est probable que la famine y soit déjà une réalité, et qu’elle menace grandement les zones de l’état de Borno qui sont inaccessibles à l’aide humanitaire.

C’est au Yémen, pays ravagé par un conflit depuis deux ans, que l’on dénombre le plus d’enfants souffrant de malnutrition aiguë : 2,2 millions, dont 462 000 dans sa forme la plus sévère.

En Somalie, plus de la moitié de la population doit faire face à une situation d’insécurité alimentaire grave. Environ 185 000 enfants sont sévèrement malnutris – un chiffre qui pourrait monter au-dessus de 270 000 si la famine n’est pas évitée.

Mais le risque de famine ne se limite malheureusement pas à ces quatre pays. Les crises se propagent à toutes les sous-régions : en effet, les familles qui fuient les violences et le manque de nourriture vont se réfugier dans les pays frontaliers qui, déjà vulnérables, puisent de manière inquiétante dans leurs ressources… La Grande Corne de l’Afrique (notamment Ethiopie et Kenya) et le bassin du Lac Tchad montrent ainsi des niveaux alarmants d’insécurité alimentaire – ainsi que l’Ouganda qui accueille de nombreux réfugiés du Soudan du Sud.

L’enjeu est donc de taille : juguler la menace de la famine pour éviter que la situation ne se détériore encore davantage dans toute la région.
 

Comment agit l’UNICEF sur le terrain pour aider les enfants ?

L’UNICEF et ses partenaires, déjà présents sur le terrain de manière pérenne avant cette crise, ont des équipes et des programmes solides et opérationnels dans chacun des pays affectés.

Grâce à vos dons, nous fournissons par exemple aux enfants et leurs familles :
- des services d’aide de première urgence
- des traitements contre la malnutrition
- des soins de santé, curatifs mais aussi préventifs notamment grâce à la vaccination
- l’accès à de l’eau potable et à des sanitaires
- des services « mobiles » de santé et de nutrition, pour aider les familles là où elles se trouvent

« Nous travaillons sans relâche pour sauver autant de vies que nous le pouvons aussi vite que nous le pouvons » explique Manuel Fontaine, directeur des programmes d’urgence de l’UNICEF.
Notre organisation peut renforcer rapidement sa réponse et sauver des milliers de vies d’enfants, à condition de disposer des ressources nécessaires, notamment pour commander et acheminer les « aliments thérapeutiques prêts à l’emploi » qui permettent de soigner les enfants malnutris.

Sauver des vies est notre priorité. Mais au-delà de ses programmes d’urgence humanitaire, l’UNICEF  travaille en parallèle avec ses partenaires et les communautés afin de renforcer leurs capacités de résilience sur le long-terme afin de pouvoir mieux faire face à d’autres crises à l’avenir.
 

Que faire pour éviter que des milliers d’enfants ne meurent ?

- Mettre fin aux violations des droits humains et aux politiques néfastes qui sont à l’origine de la famine et exacerbent la vulnérabilité des enfants. Toutes les parties aux conflits, ainsi que ceux qui ont un pouvoir d’influence sur elles, doivent agir pour que les droits de l’enfant et les lois humanitaires soient respectés.

- Assurer un accès humanitaire inconditionnel et sans entrave aux équipes qui sont déjà sur le terrain afin qu’elles puissent délivrer l’aide vitale aux enfants et à leurs familles.

- Réunir davantage de fonds afin de pouvoir augmenter l’aide pour sauver davantage de vies. L’UNICEF estime à près de 240 millions d’euros les fonds nécessaires pour pouvoir fournir aux enfants nourriture, eau, soins de santé, éducation et protection dans les prochains mois.

Nous savons de la famine de 2011 que lorsque l’ « état de famine » a été déclaré, un nombre indicible d’enfants étaient déjà morts. Environ la moitié des décès d’enfants se produisent avant l’annonce officielle… Nous ne pouvons pas laisser cela se produire à nouveau ! La malnutrition sévère cause également des retards irréversibles dans le développement des enfants, et compromet leur santé et leur avenir – et par là même l’avenir de tout leur pays.

Il n’est pas trop tard pour éviter la pire des catastrophes et sauver des milliers de vies. Mais il n’y a pas de temps  à perdre, il faut agir maintenant : les enfants ne peuvent pas attendre, la vie de plus d’un million d’entre eux est en jeu.

Pour les aider, vous pouvez faire un don en ligne dès maintenant en cliquant ici. Merci de votre soutien !

 

Média

Spot vidéo de l'UNICEF : appel à la générosité pour aider les enfants en danger