Appel contre le choléra en Afrique de l'Ouest

Publié le 20 novembre 2005 | Modifié le 31 mars 2016

Le choléra qui sévit depuis plusieurs semaines en Afrique de l'Ouest poursuit ses ravages. 3,2 millions de dollars sont nécessaires pour juguler la maladie et prendre en charge les victimes.

La maladie a déjà tué plus de 700 personnes et 42 000 cas étaient comptabilisés fin septembre dans huit pays : Burkina Faso, Guinée, Guinée Bissau, Liberia, Mali, Mauritanie, Niger et Sénégal. En plus des décès qu’il provoque, le choléra perturbe le tissu économique et social des communautés touchées et exerce une forte pression sur un système de santé déjà précaire. Des facteurs saisonniers ont contribué à l'incidence inhabituelle du choléra en Afrique de l’Ouest, notamment des précipitations particulièrement fortes au cours de la saison des pluies et un accroissement des mouvements de population dans la région.

L’appel de 3,2 millions de dollars lancé par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), l’office des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) et l’UNICEF, est destiné à juguler la maladie dans les pays suivants : Gambie, Guinée Bissau, Mali, Mauritanie, Sao Tome et Principe et Sénégal. La part de l’UNICEF s’élève à 2,8 millions de dollars.

Le choléra se développe principalement dans les endroits où l’accès à l’eau, à l’assainissement et aux infrastructures de base est déficient. La maladie peut être prévenue si des programmes de contrôle adéquats sont mis en place.

L’OMS et l’UNICEF, avec leurs partenaires internationaux et nationaux, apporte leur soutien technique au Ministère de la Santé dans les pays concernés, au niveau national et sous-régional. Des fournitures ont été acheminées vers plusieurs pays pour la prise en charge des cas et la chloration de l'eau. Les situations sociales et politiques des pays concernés exigent une meilleure préparation et une réponse appropriée, lesquelles ne peuvent être formulées sans ressources supplémentaires.

Nombre de cas par pays:
Bénin
: La flambée apparue à Cotonou début juin s'est étendue à la région d'Oueme. Au total, 210 cas, dont 4 mortels, ont été signalés entre le 6 juin et le 4 septembre. Un travail d'information est en cours auprès de la communauté et l'on procède à la chloration des points d'eau.

Burkina Faso: Au total 615 cas dont 9 mortels (taux de létalité 1,5%) ont été signalés dans la ville de Ouagadougou entre le 8 août et le 4 septembre, les quartiers touchés étant ceux où les conditions en matière d'eau et d'assainissement sont précaires. Des mesures de lutte efficaces ont été mises en place, notamment en ce qui concerne la communication des informations nécessaires à la population. La flambée semble actuellement maîtrisée.

Guinée: 1956 cas dont 72 mortels (taux de létalité 3,7%) ont été signalés de mi-juillet au 4 septembre. Des efforts de lutte sont en cours, notamment en ce qui concerne la gestion de l'environnement dans les deux villes les plus touchées de Conakry et de Kindia.

Guinée-Bissau: 14 303 cas dont 252 mortels (taux de létalité 1,8%) sont survenus dans le pays entre le 6 juin et le 11 septembre, 77% des cas ayant été observés dans les régions de Bissau et Bimbo; le choléra s'est propagé à l'ensemble des 11 régions du pays. Une équipe de l'OMS est actuellement sur place pour appuyer le Ministère de la Santé.

Mali: 158 cas dont 20 mortels (taux de létalité 12,65%) sont survenus entre le 20 juin et le 24 juillet. La situation semble maîtrisée, bien que le choléra soit un problème constant au Mali.

Mauritanie: Au total 2640 cas dont 55 mortels (taux de létalité 2%) ont été signalés dans 6 régions entre le 20 juillet et le 21 septembre; 89% des cas ont été observés à Nouakchott.

Niger: Entre le 10 et le 19 septembre, 72 cas dont 9 mortels ont été signalés dans la région de Tahoua, le district de Bouza étant le plus touché. La flambée s'étend à la région de Tilaberi qui a signalé 3 cas dans le district de Tera. Jusqu'ici, 431 cas au total dont 44 mortels (taux de létalité 10%) ont été signalés entre le 13 juillet et le 19 septembre.

Sénégal: On a récemment assisté à une résurgence de la flambée qui avait commencé au début de l'année. Dakar est particulièrement touchée, en raison de l'abondance inhabituelle des pluies. Jusqu'ici 23 325 cas dont 303 mortels (taux de létalité 1,2%) ont été signalés au cours de la flambée qui a commencé en janvier et atteint un pic à fin mars.

Qu’est ce que le choléra ?
Le choléra est une infection intestinale aiguë due très contagieuses à l'ingestion d'eau ou d'aliments contaminés par le bacille Vibrio cholerae. La durée d'incubation est courte, de moins d'un jour à cinq jours. Le bacille produit une entérotoxine qui provoque une diarrhée abondante, indolore, souvent mortel lorsqu’il n’est pas traité pouvant aboutir rapidement à une déshydratation sévère et à la mort du sujet si le traitement n'est pas administré rapidement. La plupart des patients présentent aussi des vomissements.

Le choléra se soigne assez facilement en réhydratant massivement le malade, oralement, ou par voie intraveineuse si les vomissements du malade ne lui permettent plus de boire.

La plupart des sujets infectés par V. cholerae ne présentent aucun symptôme bien que le bacille puisse être présent dans leurs selles pendant 7 à 14 jours. En cas de maladie, 80 à 90 % des épisodes sont bénins ou modérément sévères et il est alors difficile de les distinguer cliniquement d'autres types de diarrhées aiguës. Moins de 20 % des malades développent le choléra typique avec des signes de déshydratation modérée à sévère.

A l'échelle mondiale, le choléra reste toujours une menace et il est l'un des principaux indicateurs du développement social. Si cette maladie n'est plus une menace dans les pays appliquant des règles minimales d'hygiène, elle représente toujours un défi dans les pays qui ne peuvent garantir l'accès à de l'eau de boisson saine et à des conditions d'assainissement suffisantes. Presque tous les pays en développement doivent faire face à des flambées épidémiques de choléra ou à la menace d'épidémies.
 
Source : OMS

Soutenir nos actions