Après neuf ans de guerre, que feriez-vous si vous étiez parent en Syrie ?

Publié le 05 mars 2020

Le 15 mars 2020, cela fera neuf années jour pour jour qu’a débuté la guerre en Syrie : ce conflit a fait des milliers de morts et de blessés, tout en poussant des millions de personnes à fuir pour tenter de trouver un semblant de sécurité.

Les neuf années de guerre en Syrie constituent un anniversaire que l’on ne peut pas célébrer. Les millions de morts, de blessés, de déplacés et de réfugiés représentent autant de vies brisées. Pour les familles qui sont encore sur place, les options sont limitées. Si vous étiez confrontés à la même situation que ces familles, que feriez-vous ?

Partir ou rester

Partir ? Cela signifie exposer ses proches, ses enfants, à un périple dont l’issue est incertaine. Un enfant, qui se trouvait avec cinquante personnes à bord d’un bateau au large des côtes grecques, en a payé le prix lorsque l’embarcation s’est retournée et qu’il est mort noyé. Ces dernières semaines, plus de 575 000 enfants ont quitté leur environnement familier pour tenter de se mettre à l’abri. À ce jour, 40% des personnes qui s’amassent à la frontière entre la Grèce et la Turquie sont des femmes et des enfants.

Une famille de migrants tente de se réchauffer à la frontière entre la Grèce et la Turquie

Faut-il pour autant rester en Syrie ? Cela revient à subir de plein fouet la violence des bombes qui s’intensifient dans le nord-ouest du pays. Neuf enfants et trois enseignants ont été tués après que dix écoles ont été attaquées il y a quelques semaines. Depuis le début de l’année, 300 personnes ont été tuées à Idlib et Alep et la situation empire. En neuf ans, le prix des aliments de base a été multiplié par 20, alors que 80% de la population vit sous le seuil de pauvreté. Des familles sont obligées de faire travailler leurs enfants ou de vendre leurs derniers biens pour répondre à leurs besoins élémentaires. Des enfants ont été recrutés pour aller se battre sur le front. Des filles, parfois âgées de neuf ans seulement, ont été violées. Un enfant sur quatre risque de souffrir de graves problèmes de santé mentale.

UNICEF à l’œuvre sur le terrain

Pour ceux qui restent comme pour ceux qui sont contraints de partir, UNICEF est présent. Avec nos partenaires, nous fournissons des abris, de l’eau potable, des produits d’hygiène, des couvertures. L’an dernier, nous avons effectué des dépistages de malnutrition sur 1,8 million d’enfants et de mères. Nous avons reçu en consultation plus de deux millions de personnes et vacciné 600 000 enfants de moins d’un an. Grâce à notre travail sur le terrain, 7,4 millions de personnes ont pu bénéficier de meilleurs services d’hygiène. Environ 400 000 femmes et enfants ont reçu un accompagnement psychosocial pour les aider à surmonter les traumatismes liés à la guerre. Nous avons aidé 1,8 million d’enfants à continuer à aller en classe.

Pour continuer à agir, pour donner aux enfants syriens d’autres horizons, nous avons besoin de votre soutien. Aidez-nous à leur offrir un avenir.

En Turquie, une famille vient de recevoir des kits UNICEF