Armée maoïste : des jeunes libérés

Publié le 12 janvier 2010 | Modifié le 31 août 2015

De jeunes népalais enrôlés dans l’armée maoïste ont été libérés la semaine dernière. Ces anciens enfants soldats commencent une nouvelle vie.

District de Sindhuli, Népal, 8 janvier 2010. Six bus les emmènent loin de leurs casernes. Mais avant de partir, ils serrent les mains de leurs anciens compagnons d’armes. Des pleurs, des gestes d’au revoir. Ces 200 jeunes ne grossiront plus les rangs des forces rebelles maoïstes.
Il a fallu deux ans de négociations pour que ces garçons et ces filles puissent quitter leurs bases militaires. Les Nations unies ont travaillé avec acharnement pour que ces jeunes, mineurs au moment du cessez-le-feu de mai 2006, aient la chance de changer de vie. La libération des ces anciens rebelles est un nouveau pas important pour la paix dans le pays, après dix ans d’un conflit qui a fait 16 000 morts.

« J’ai perdu deux ans de ma vie »

En attendant d’être démobilisés, certains jeunes travaillaient le bois dans leur caserne, d’autres ont pris des cours d’anglais. Exercice physique, badminton, volley et télévision. Ils sont nombreux aujourd’hui à ressentir de la colère. « J’ai perdu deux ans de ma vie », s’énerve l’un d’eux. La plupart d’entre eux sont heureux de pouvoir retrouver leurs familles et leurs villages même si des liens forts se sont créés entre ces jeunes des forces rebelles. Ils sont émus de quitter ces compagnons et ces lieux qu’ils connaissent bien à présent.

Aujourd’hui parents

 
Aujourd’hui, ces 200 jeunes libérés prennent un nouveau départ. Certains vont recevoir une formation et l’équipement nécessaire pour lancer leur propre affaire. Coiffure, sidérurgie, charpenterie…

D’autres démobilisations sont prévues d’ici mi-février 2010 dans sept bases armées à travers le pays. Ce processus fait partie d’un Plan d’action signé en décembre  2009 par le gouvernement, le parti communiste unifié maoïste du Népal et les Nations unies.
Près de 3 000 des jeunes qui sont ou vont être démobilisés étaient mineurs au moment du cessez-le-feu du 25 mai 2006. Aujourd’hui, une douzaine a moins de 16 ans et environ 500 ont moins de 18 ans. Un tiers sont des filles. Certains de ces jeunes ont eu des enfants. En janvier 2010, on dénombrait 60 enfants en bas âge et 18 femmes enceintes dans ces bases militaires.

Depuis 2006, l’Unicef est venu en aide à 7 500 jeunes qui œuvraient pour les forces ou groupes armés au Népal.

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