« Au Mali, nos actions dans le Nord n’ont jamais cessé »

Publié le 29 janvier 2013 | Modifié le 31 mars 2016

Françoise Ackermans, représentante de l’UNICEF au Mali, revient sur les besoins immenses auxquels notre organisation doit répondre dans un pays traumatisé. 

Les équipes de l’UNICEF vont-elles retourner dans le nord du Mali ?

Après évaluation de la situation, nous avons prévu de faire notre retour dans les régions de Mopti et Ségou au 30 janvier. Nous sommes très satisfaits de pouvoir nous redéployer au fur et à mesure, même si, grâce à nos partenaires, nous n’avons jamais arrêté les interventions dans tout le nord du Mali.

 

Quelles sont les actions concrètes entreprises par l’UNICEF au Mali ?

La crise nutritionnelle sur laquelle travaille l’UNICEF depuis plusieurs années touche désormais tout le pays. Dans le Nord, l’UNICEF met tout en œuvre pour redonner accès à l’eau potable. Sur le plan de la santé, il faut travailler à l'accès aux soins et à la vaccination des enfants. Du point de vue éducation, il s’agit de rouvrir les écoles, reconstruire les bâtiments détruits, proposer des espaces récréatifs aux enfants. L’hygiène est aussi un enjeu majeur : seules 12 % des écoles du pays disposent de latrines. Enfin, concernant la protection de l’enfant, l’UNICEF multiplie les actions de plaidoyer et les sessions de formation. Notamment sur les nouveaux dangers inhérents aux mines.

 

Des difficultés multiples pour les enfants

 

Quelles sont les séquelles d’une situation de guerre pour les enfants ?

Une situation de conflit exacerbe tous les problèmes. Le traumatisme psychologique pour les enfants est souvent oublié et doit attirer toute notre attention. Surtout pour les enfants qui ont été séparés de leurs parents. Rien qu’à Bamako, nous en avons identifiés 800. Evidemment, les victimes de viols, violences et les enfants soldats sont les premiers touchés. Mais tous les enfants sont concernés, directement ou indirectement.

 

La plupart des enfants du Nord ont vécu l’année coincés 2012 chez eux. En situation de stress, privés d’école (beaucoup perdent actuellement leur deuxième année scolaire), avec des problèmes d’accès aux centres de santé. Le nord du Mali, c’est 1,8 millions d’habitants souvent très dispersés ; il est d’autant plus difficile d’atteindre les enfants. Nous redoutons des cas de malnutrition aiguë sévère en forte hausse, des problèmes d’eau potable et donc des risques d’épidémie (méningite, choléra, rougeole, malaria).

 

L’importance du travail de long terme

 

Que fait l’UNICEF pour les enfants soldats ?

Ramener les enfants enrôlés dans des groupes armés à la vie civile est un long chemin. Dans le cas particulier de l’immense territoire malien, parvenir à atteindre les enfants concernés et les identifier est une vraie gageure. Il convient ensuite de les placer dans un lieu de transit sécurisé puis commencer à leur apporter un minimum de réconfort et de soins. L’étape suivante consiste à identifier les familles et à leur remettre leurs enfants. Tout en proposant des alternatives concrètes à leur expérience au sein d’un groupe armé en terme d’éducation, de formation ou de métier. Car l’expertise de l’UNICEF dans ce domaine le prouve : les enfants soldats ne sont pas des générations perdues.

 

Qu’apporte une présence à long terme de l’UNICEF au Mali ?

On est là avant, pendant et après. On peut capitaliser sur tout le travail fait pendant les décennies précédentes, avec l’Etat mais aussi la société civile qui nous fait confiance. Toutes nos actions sont faites pour aider les populations à se prémunir contre de nouveaux conflits. Nous cherchons aussi à renforcer la coordination des acteurs de terrain. L’UNICEF a un vrai rôle de rassembleur. Mais sans financements, rien n’est possible, que ce soit sur le plan matériel ou humain. Pour aider les enfants maliens en 2013, l’UNICEF a besoin de dons.

 

-> Dons en ligne à l’UNICEF

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