Avec les enfants de Gaza

Publié le 23 novembre 2012 | Modifié le 26 mai 2015

L’UNICEF a recueilli le témoignage de familles dans la bande de Gaza. Elles témoignent de la violence extrême subie, de leur dénuement et des conséquences de la guerre sur leurs enfants.

Dans la bande de Gaza et en Israël, la reprise des hostilités en cette fin d’année entre les deux parties promet un lourd bilan, en particulier pour les enfants. À Gaza, au 20 novembre, 22 enfants avaient été tués lors d’attaques aériennes et 277 blessés. En Israël, on comptait 14 enfants blessés. Terrorisés par le vacarme incessant de la guerre, les enfants physiquement indemnes à Gaza et en Israël présentent, eux, des symptômes de détresse psychosociale, auxquels l’UNICEF tente de répondre avec ses équipes et ses partenaires sur le terrain.

Accepter la perte

À Beit Hanoun, une zone agricole de Gaza, Ahmed Bassiouni raconte une attaque aérienne survenue un soir, à proximité de leur maison. « Tous nos enfants hurlaient, sauf Fares, se souvient Ahmed. J’ai vu qu’il avait été tué par un éclat d’obus. J’ai mis une couverture sur lui, c’était une vision horrible. Je ne pouvais pas laisser ses frères et sœurs le voir comme ça. Après, j’ai hurlé. » Terrassé par la mort de son fils de 9 ans, Ahmed Bassiouni ne sait pas comment faire pour aider ses cinq autres enfants. « Ils ne peuvent pas manger, jouer ni sortir. Ils restent à l’intérieur et pleurent », confie le père de famille à l’UNICEF au téléphone. En bruit de fond, on peut entendre le grondement des bombardements.

 

Une autre famille a perdu un enfant à Beit Hanoun. Jamal Nasser explique qu’il a demandé à son épouse et à son plus jeune enfant de dormir sous l’escalier cette nuit-là, pendant que lui et ses quatre autres fils dormaient dans le salon. C’est là que Oudaï, 15 ans, a été tué par des éclats d’obus et son frère Tareq blessé.

 

« Oudaï était très doué à l’école, il rêvait de devenir médecin », explique Jamal. « Maintenant, c’est fini. Son frère Tareq est à l’hôpital. Il n’arrête pas de pleurer et de dire qu’il va mourir, même si nous lui disons que non. Je ne peux pas me résoudre à lui dire que nous ne pouvons pas retourner à la maison. Il ne reste plus rien. » Jamal Nasser ne sait pas où emmener ses autres enfants. Il finit par lâcher : « Cette guerre prive nos enfants de leurs rêves. »

Soutenir les familles en détresse

Les enfants représentent la moitié de la population de Gaza. Cinq équipes d’urgence psychosociale soutenues par l’UNICEF tentent d’approcher les Bassiouni, les Nasser et les autres familles en détresse. Avec beaucoup de difficultés, tant le danger est permanent dans la zone. Ces équipes visitent des hôpitaux et des maisons dans Gaza dès que les conditions le permettent. L’UNICEF soutient des partenaires pour lancer une permanence téléphonique afin que les familles puissent parler avec un psychologue par téléphone lorsque les déplacements sont restreints.

 

« Pour les jeunes enfants, de tels événements sont traumatisants car ils affectent leur sentiment de sécurité. Ils ne comprennent pas ce qui arrive, et ils se sentent démunis, décrypte le chef de la protection de l’UNICEF dans le Territoire palestinien occupé, Bruce Grant. Parfois même, ils peuvent penser qu’ils sont responsables de la détresse de leur famille ».
 

Pour Bruce Grant, « la réponse psychosociale, c’est d’abord parler à l’enfant, lui expliquer que ces événements peuvent arriver et qu’il est normal d’avoir peur. Nous essayons de construire de la résilience, mais redonner à un enfant un sentiment de sécurité est un processus de longue haleine ».

 

Les familles qui n’ont pas été directement affectées par les attaques aériennes s’inquiètent aussi pour leurs enfants. Avec la fermeture des écoles et les fréquentes coupures de courant, les parents dépassés ont du mal à garder leurs enfants à la maison. Beaucoup traînent dans les rues, où ils sont confrontés aux bâtiments éventrés, aux personnes blessées et aux cadavres. Pour ces enfants, la trêve est vitale. Pour les familles, les besoins sont immenses. Avec votre aide, l’UNICEF se mobilise pour les soutenir

À quoi servent vos dons ?


2,44 € =
1 grande couverture

 

4,88 € = 3 seaux en plastique de 10 l chacun pour le transport et le stockage de l’eau.

                       

48,80 € = 4 bâches en plastique de 20 m2 pour que des familles puissent se poser à l’extérieur ou dans des tentes lors de situations d’urgence.

                       

81,33 € = 1 kit d’eau familial de base comprenant des seaux, du savon, des tablettes de purification de l’eau pour les besoins de 10 familles.

 

102 € = 1 « kit  récréatifs » contenant des freesbee, des cordes à sauter, des ballons de volley et des filets, des ballons de foot, des sifflets,  des tableaux, des craies…

Inscrivez-vous

Suivez toutes les actualités de l'UNICEF

Soutenir nos actions