Cambodge : 20 ans après la Convention des droits de l’enfant

Publié le 13 août 2009 | Modifié le 12 avril 2016

A la naissance de la Convention internationale des Droits de l’enfant (CIDE) en 1989, « le Cambodge est encore à genoux, dix ans après la chute des Khmers rouges » explique Marc Vergara de l’Unicef à Phnom Penh. Tour d’horizon des avancées et des priorités de l’Unicef Cambodge à l’occasion des 20 ans de la CIDE.

Recul du VIH

Le Cambodge a réduit son taux d'infection au VIH/sida de façon spectaculaire. Ce taux est passé de 3% en 1997 à seulement 0,9% en 2009. Par le passé, les personnes séropositives étaient souvent mises au ban de la société. Mais le développement des centres de dépistage, des prestations médicales et des réseaux d'entraide ont permis de réduire l'exclusion et la discrimination. Côté prévention, l’action de l’Unicef se poursuit, notamment auprès des femmes qui constituent la majorité des nouvelles personnes contaminées.

Des inscriptions tardives à l’école

97% des enfants au Cambodge vont aujourd’hui à l’école mais ce succès masque des progrès à accomplir. « Les familles mettent leurs enfants tard à l’école, souligne Marc Vergara. Nombreux sont ceux qui ne commencent leur scolarité que vers 9 ans. Il faut que nous continuons notre action pour construire des écoles maternelles.» Il est également important de continuer à œuvrer pour l’éducation des enfants sur la durée : seulement 50% des jeunes scolarisés passent actuellement dans l’enseignement secondaire.

Les enfants au travail

Au Cambodge, de nombreux enfants sont encore obligés de travailler. Une tendance observable surtout dans les zones rurales. Les enfants y partagent leur journée entre école et travail. « Comme les écoles sont surchargées, pour que tous aient accès aux salles de classes, les enfants ont cours soit le matin, soit l’après-midi, raconte Marc Vergara. Cela laisse l’opportunité aux jeunes d’utiliser leur demi-journée restante pour travailler. »

Progrès de l’allaitement

En quelques années, le taux d’allaitement maternel est passé de 16 à 60% au Cambodge. Un vrai progrès pour la santé du nourrisson. Mais de nombreux enfants souffrent encore aujourd’hui de malnutrition au Cambodge. Un domaine dans lequel l’engagement de l’Unicef est primordial.

Des viols en hausse

« Ce sont surtout les viols collectifs qui se développent, au sein des communautés », explique Marc Vergara. Mais les familles ne portent pas plainte, peu de violeurs sont traduits en justice. «Les familles n’ont pas forcément confiance en la justice

L’UNICEF a décidé de s’attaquer à ce problème et collabore avec le gouvernement cambodgien. «Nous travaillons aussi avec les ONG pour la sensibilisation des enfants des rues, poursuit Marc Vergara. Dans les zones rurales, c’est difficile, les gens ne sont pas forcément convaincus qu’il s’agit d’un problème. Nous voudrions attirer l’attention des communautés sur les jeunes filles qui gardent le bétail, qui sont très vulnérables. »

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