Choléra en Haïti : l’UNICEF répond à vos questions

Publié le 06 janvier 2011 | Modifié le 28 décembre 2015

Aux conséquences du séisme, qui a frappé Haïti il y a un an, est venu s’ajouter une épidémie de choléra. Survenue en octobre dernier, elle touche maintenant tout le pays et ne cesse de se propager. L’UNICEF et ses partenaires sont à pied d’œuvre pour venir en aide aux populations.

Comment explique-t-on la flambée de choléra actuelle ?

Le choléra n’est pas une maladie « endémique » en Haïti (c'est-à-dire « présente en permanence et qui touche une grande partie de la population ») et de ce fait, elle n’était pas connue des Haïtiens. L’épidémie est survenue dans un contexte difficile, au sein d’une population déjà affectée par les conséquences du séisme de janvier 2010 et de l’ouragan Tomas de novembre dernier. Les Haïtiens ignoraient les symptômes de la maladie et ne se sont pas rendus à temps dans les hôpitaux, où, de leur côté, les équipes soignantes n’étaient pas préparées à faire face à une crise sanitaire de cette ampleur. De plus, sur l’ensemble du territoire, l’accès à l’eau propre et à des installations sanitaires adéquates est extrêmement limité, ce qui a provoqué la propagation rapide de la maladie.

Pourquoi n’étiez-vous pas préparés à l’apparition du choléra ?

Au contraire, l’Unicef y était préparé du mieux possible. N’oublions pas que le choléra ne faisait pas partie des maladies envisageables (et gardons bien à l’esprit qu’il est fort probable que l’apparition de la maladie ne soit pas liée au séisme). Des fournitures médicales avaient été stockées, les équipes médicales étaient à l’œuvre dans le pays en nombre suffisant et les structures de coordination étaient déjà en place. Ainsi, nous avons été capables d’épauler rapidement le gouvernement dans ses interventions avant même que l’épidémie ne soit confirmée. Enfin, rappelons également que dans les camps où les équipes humanitaires sont présentes, le taux de mortalité dû au choléra demeure bien inférieur à celui enregistré en moyenne dans le pays.

Quelles sont les actions menées par l’Unicef pour combattre le choléra ?

Le choléra, au même titre que de nombreuses maladies, peut être évité grâce à l’approvisionnement en eau propre, l’administration précoce de traitements médicamenteux et une gestion efficace des déchets. L’Unicef et ses partenaires coordonnent leurs efforts sur plusieurs fronts. Voici des exemples d’actions menées.
Activités de prévention :
Dans les écoles : promotion de l’hygiène, fourniture de savons, accès à l’eau potable (grâce à l’utilisation d’Aquatabs® et/ou à la chloration de l’eau), maintenance des systèmes d’assainissement.
Dans la population générale : 4,4 millions de comprimés d’Aquatabs® et 10 véhicules fournis par l’Unicef, répartis sur les zones affectées.
Activités de sensibilisation :
Campagnes de mobilisation à grande échelle, dans les collectivités, sous forme de messages diffusés sur les radios, dans les rues grâce à des mégaphones, des affiches, mais aussi dans la presse écrite et les médias en ligne, et enfin grâce aux personnes influentes dans les collectivités. L’objectif de ces messages : responsabiliser la population en montrant qu’adopter les bons gestes permet à chacun de jouer un rôle dans la lutte et la protection contre la maladie (se laver les mains avant de cuisiner et de manger, et après avoir utilisé les latrines, boire uniquement de l’eau préalablement portée à ébullition ou désinfectée…)
Soutien apporté dans la prise en charge des cas de choléra : 
Fourniture par l’Unicef de millions de comprimés d’Aquatabs®, ainsi que de chlore, de médicaments pour lutter contre la déshydratation et de zinc pour faciliter le rétablissement des malades ; Fourniture également de seaux, savon, kits d’hygiène, unités de purification d’eau, médicaments de première nécessité, kits de secours d’urgence, alimentation thérapeutique prête à l’emploi, couvertures, tentes...

Peut-on évaluer la durée de cette épidémie ? Faut-il craindre que la maladie ne continue à se propager ?

Malgré les mesures préventives et la mobilisation de masse, la propagation du choléra est inévitable. Selon une estimation de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et de l’Organisation panaméricaine de la Santé (OPS), la flambée de choléra pourrait affecter 650 000 personnes dans les 6 mois à venir. Mais en agissant ensemble, la population haïtienne et les organisations telles que l’Unicef peuvent freiner la progression de la maladie.
Cette épidémie de choléra met en évidence le besoin fondamental d’un investissement à grande échelle, et sur le long terme, en matière d’infrastructures relatives à la santé publique et à l’hygiène en Haïti. La réussite de l’intervention dépendra largement des réponses apportées aux difficultés profondes que connaît le pays. Elles seront également déterminantes pour les actions de prévention futures et la gestion de la flambée de choléra actuelle et des épidémies à venir.

En savoir plus

Qu’est ce que le choléra ?

C’est une infection diarrhéique aiguë, provoquée par l’ingestion d’aliments ou d’eau contaminés par le « bacille Vibrio cholerae », et dont on peut mourir en quelques heures si l’on ne reçoit pas de traitement. On peut réussir à traiter jusqu’à 80% des cas avec les sels de réhydratation orale.

L’épidémie en Haïti :

-Déclenchement mi-octobre 2010, en Arbonite (Nord)
-Plusieurs milliers de morts
-Plus de 130 000 hospitalisations
-La totalité des 10 départements touchés
-40 à 45% des personnes affectées sont des enfants
 

Notre dossier sur la situation en Haïti 1 an après le séisme

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