Corée du Nord : les enfants menacés par une crise alimentaire

Publié le 17 juillet 2005 | Modifié le 31 mars 2017

En République populaire démocratique de Corée, les Journées nationales de la santé de l'enfant touchent près de 2 millions d'enfants qui reçoivent des suppléments en vitamine A et des comprimés vermifuges.

En République populaire démocratique de Corée, les Journées nationales de la santé de l'enfant touchent près de 2 millions d'enfants qui reçoivent des suppléments en vitamine A et des comprimés vermifuges.
 
L'UNICEF et ses partenaires se préparent à élargir la portée des interventions sanitaires par l'intermédiaire de quelques 3000 centres sanitaires locaux.

La famine menace aujourd’hui plus de deux millions d’enfants nord-coréens. Suite à une alerte lancée par le Programme Alimentaire Mondial (PAM) des Nations unies, la Corée du Sud va fournir une aide alimentaire de 500 000 tonnes à son voisin du Nord, complétant ainsi les trois millions d’euros d’assistance débloqués par l’Union Européenne et les 50 000 tonnes de denrées que vont envoyer les Etats-Unis.

« Nos préoccupations concernent les pénuries alimentaires actuelles qui pourraient avoir un effet négatif sur la situation nutritionnelle des enfants et même annuler les gains obtenus aux cours des dix dernières années », indique Pierrette Vu Thi, représentante de l’UNICEF en République Démocratique Populaire de Corée (RDPC). « Depuis le milieu des années 1990, notre action a eu un effet positif pour les enfants de Corée du Nord. Mais il faut vraiment continuer ces efforts », ajoute-t-elle.

Selon le PAM, la récolte de riz précédente étant épuisée, le pays entre dans une période creuse, et il faut attendre les moissons d’automne. Les conditions sont réunies pour une nouvelle pénurie alimentaire. Aujourd’hui, l’agence des Nations unies redoute des conséquences dramatiques identiques à celles de la famine ayant sévit entre 1995 et 1997 en Corée du Nord : plus d’un million de victimes selon les ONG.

Et ce sont les enfants les plus vulnérables. « Ce qui est particulièrement dangereux pour eux, c’est la combinaison de la malnutrition avec des maladies de l’enfance communes, comme la diarrhée par exemple », signale Mme Vu Thi.

Pourtant, l’action de l’UNICEF depuis 1997 avait engrangé quelques résultats positifs, notamment à travers les « Journées nationales de la santé de l’enfant » lors desquelles plus de deux millions d’enfants reçoivent des vitamines A et des vermifuges.

« Nous envisageons à présent de renforcer nos interventions en fournissant aux donneurs de soin – particulièrement les mères – des renseignements et des messages sanitaires à l’occasion de ces journées particulièrement propices au contact. Nous allons aussi diffuser ces messages en étroite collaboration avec le Ministère de la santé publique ainsi qu’avec d’autres partenaires de terrain », affirme-t-elle. 
 Mme Vu Thi a par ailleurs déclaré que l'UNICEF et ses partenaires se préparent à élargir la portée des interventions sanitaires d'importance capitale par l'intermédiaire des quelques 3000 centres sanitaires locaux.

Selon les estimations de l’UNICEF, la malnutrition chronique chez les enfants de un, deux et trois ans est aujourd’hui inférieure de 30 pour cent à ce qu'elle était en 2002.
 

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