COVID-19 : UNICEF met en garde contre les préjudices portés à l'apprentissage et au bien-être des enfants

Publié le 07 décembre 2020

UNICEF demande aux gouvernements de donner la priorité à la réouverture des écoles, de prendre toutes les mesures possibles pour rendre les salles de classe aussi sûres que possible et d'éviter la fermeture des écoles à l'échelle nationale.

New York/Paris, le 8 décembre 2020 - Le nombre d'écoliers touchés par les fermetures d'écoles liées à la COVID-19 a augmenté de 38 % en novembre, ce qui a mis à rude épreuve les progrès dans le domaine de l’éducation et du bien-être de 90 millions d'élèves supplémentaires dans le monde.

Selon les données recueillies par l'UNESCO, près d'un écolier sur cinq dans le monde - soit 320 millions - a vu sa classe fermée au 1er décembre, ce qui représente une augmentation de près de 90 millions par rapport aux 232 millions du 1er novembre. Par ailleurs, le nombre d'écoliers touchés par les fermetures d'écoles a presque triplé au cours du mois d'octobre.

« Malgré tout ce que nous avons appris sur la COVID-19, le rôle des écoles dans la transmission communautaire et les mesures que nous pouvons prendre pour assurer la sécurité des enfants à l'école, nous allons dans la mauvaise direction - et ce très rapidement », a déclaré Robert Jenkins, responsable mondial de l'éducation à UNICEF. « Les faits montrent que les écoles ne sont pas les principaux foyers de cette pandémie. Pourtant, nous constatons une tendance alarmante, à savoir que les gouvernements ferment une fois de plus les écoles en premier recours plutôt qu'en dernier ressort. Dans certains cas, cela se fait à l'échelle nationale, plutôt que communauté par communauté, et les enfants continuent de souffrir des effets dévastateurs sur leur apprentissage, leur bien-être mental et physique et leur sécurité. »

Les enfants vulnérables sont les plus menacés

Lorsque les écoles ferment, les enfants risquent de perdre leur apprentissage, leur système de protection, leur alimentation et leur sécurité. Les enfants les plus vulnérables sont les plus menacés et les plus susceptibles d'abandonner complètement, risquant de payer le plus lourd tribut. Alors que des millions d'enfants ont quitté leur classe pendant plus de neuf mois, et que beaucoup d'autres revivent ce bouleversement, UNICEF craint que trop d'écoles ferment inutilement, et que la nécessité de prendre des mesures nécessaires pour rendre les écoles sûres par rapport à COVID-19, n’ait pas été suffisamment prise en compte.

Une étude mondiale récente utilisant des données provenant de 191 pays n'a montré aucun lien entre la fréquentation des écoles et les taux d'infection par la COVID-19 dans la population. Comme il n'y a guère de preuves que les écoles contribuent à des taux de transmission plus élevés, UNICEF exhorte les gouvernements à donner la priorité à la réouverture des écoles et à prendre toutes les mesures possibles pour les rendre aussi sûres que possible.

Eviter à tout prix la fermeture d'écoles à l'échelle nationale

Les plans de réouverture des écoles doivent inclure l'élargissement de l'accès à l'éducation, y compris l'apprentissage à distance, en particulier pour les groupes vulnérables. Les systèmes éducatifs doivent également être adaptés et construits pour résister aux crises futures.

Le cadre d'UNICEF pour la réouverture des écoles, publié conjointement avec l'UNESCO, le HCR, le PAM et la Banque mondiale, offre des conseils pratiques aux autorités nationales et locales. Les lignes directrices portent sur la réforme des politiques, les besoins de financement, la sécurité des opérations, les formes alternatives d’apprentissage, le bien-être et la protection et l'accès aux enfants les plus démunis.

« Ce que nous avons appris sur la scolarisation pendant la période de la COVID est clair : les avantages de garder les écoles ouvertes dépassent largement les coûts de leur fermeture, et il faut éviter à tout prix la fermeture d'écoles à l'échelle nationale », a déclaré Robert Jenkins.