D’une colonie de vacances aux bancs de l’école : l’histoire de Merveille

Publié le 03 août 2017 | Modifié le 04 août 2017

À Masimanimba en République démocratique du Congo, les partenaires de l’UNICEF organisent des activités durant les colonies de vacances à la fois pour protéger les filles des violences de leur entourage, pour leur permettre de se divertir et aussi pour les encourager à retourner à l’école.
Lors d’une de ces activités, nous avons rencontré Merveille, une jeune fille congolaise dont l’histoire nous a particulièrement touchés. Merveille symbolise la détermination des filles à exercer leur droit à l’éducation.

À la rencontre de Merveille, une petite fille privée d’éducation

« J’ai 12 ans, depuis la mort de notre mère, j’ai dû interrompre mes études. Comme mes frères vont à l’école le matin, il n’y avait personne pour rester à la maison et prendre soin de notre cadet. »

Merveille, invitée par ses amis allait de temps en temps jouer avec eux. Les animateurs communautaires d’EDUCON, partenaire de l’UNICEF, profitaient de ces rencontres ludiques et conviviales pour expliquer aux enfants les notions de genre. Ils insistaient sur l’importance de développer les compétences de chaque enfant, fille ou garçon, et leur complémentarité au sein de la communauté. D’où le slogan du projet  « Filles et garçons progressons ensemble ».

« Lorsque j’ai écouté ces enseignements, j’ai pris conscience que je devais prendre le chemin de l’école. Mais voyant ma situation, je me demandais comment faire ? ». Merveille a décidé d’en parler à l’animatrice communautaire.

« J’ai décidé de la retirer de l’école pour s’occuper du ménage et de son frère »

Passy Mwenze, animatrice de la colonie de vacances, se rappelle de sa rencontre avec Merveille. « Ce qui attirait notre attention, c’est le fait qu’elle venait toujours avec un enfant. Et quand il pleurait, Merveille quittait la cour de jeu. Lorsqu’elle m’a racontée son histoire, j’ai ressenti au fond de moi, l’urgence et la nécessité d’agir pour l’aider à reprendre ses études. Je suis donc allée voir son père ».

Monsieur Jean-Luc, le père de Merveille raconte : « Suite à la mort soudaine de leur mère, il n’y avait personne pour s’occuper du cadet. Ses frères devaient continuer l’école. Merveille étant fille, j’ai décidé de la retirer de l’école pour s’occuper du ménage et de son frère jusqu’à ce que je me trouve une autre femme ».

Assurer l’avenir des jeunes filles grâce à l’éducation

Convaincre le père de Merveille n’était pas facile, reconnait Passy. Se basant sur les arguments du projet « Filles et garçons progressons ensemble », Passy a réussi à convaincre Monsieur Jean-Luc.

Il a compris que sa décision était discriminatoire, contraire aux droits de l’enfant et à l’épanouissement de sa fille. Il s’est donc résolu à trouver d’autres solutions pour le ménage et la garde du cadet. Il a autorisé Merveille à reprendre l’école dès la rentrée de septembre 2017.

Consciente du bienfait du projet soutenu par l’UNICEF et reconnaissante pour l’intervention de son éducatrice, Merveille s’est livrée : « Aujourd’hui je me rends compte qu’il n’y a pas un travail qui soit exclusivement réservé aux garçons ou aux filles. Je voudrais plus tard devenir enseignante pour m’occuper de l’éducation des filles et des garçons ».

Les petites initiatives peuvent sauver des vies, des destins. Et le projet « Filles et garçons progressons ensemble » en est une !

Témoignage rapporté et écrit par notre collègue Jean Paul Nico Luketo, charge d'éducation au bureau UNICEF Bandundu en République démocratique du Congo.

Grâce à vos dons, l’UNICEF a pu soutenir ce projet qui permet à Merveille d’envisager sereinement son avenir en étant assurée de reprendre sa scolarité.
Merci.