"Deepa Mehta", film sur la condition des filles en Inde

Publié le 06 septembre 2006 | Modifié le 29 décembre 2015

Sorti le 6 septembre 2006 en France, ce film soutenu par l'Unicef s'attaque au mariage précoce et à l'exploitation sexuelle.

En 1938, alors que l’Inde est en conflit avec les Britanniques pour obtenir son indépendance, Chuyia âgée de 7 ans, perd son mari et se voit forcée de vivre dans un ashram en compagnie d'autres veuves. L'une d'elles, obligée de se prostituer auprès des notables de la ville, tombe amoureuse d'un riche partisan de Gandhi.

C’est le sujet de Water, le film de Deepa Mehta qui sort en France le 6 septembre 2006. Après Fire et Earth, c’est le dernier volet de la "Trilogie des Eléments".

Le film s’attaque à l’exploitation sexuelle et au mariage précoce. Sa sortie est l’occasion pour l’UNICEF de rappeler les conséquences du mariage précoce sur la santé et la pauvreté.

Les enfants mariés sont généralement isolés, éloignés de leur famille proche, retirés de l’école et privés d’échanges avec les jeunes de leur âge et le reste de la communauté. Pour les filles, les grossesses précoces présentent une menace pour leur santé et pour celle de leur enfant. Les filles de moins de 15 ans courent cinq fois plus de risques de mourir lors de l’accouchement que les filles qui ont plus de vingt ans. Et les adolescentes risquent davantage que les femmes plus âgées de contracter des maladies sexuellement transmissibles.

Les causes du mariage précoce ne se limitent pas au seul poids des traditions.

L’une des principales raisons est d’ordre économique. En Afrique subsaharienne, la famille de la mariée reçoit parfois du bétail de la famille du mari à titre de compensation pour la mariée. En Inde, où les ménages pauvres s’endettent pour verser une dot à la famille du mari, la somme est d’autant moins élevée que la fille est jeune. Une autre raison tient à l’espoir d’écarter les filles de possibles agressions sexuelles. D’autre part, les communautés qui attachent une grande importance à la virginité avant le mariage ont l’impression qu’en mariant les filles tôt, elle les « protègent » d’une naissance hors mariage.

En Inde, 46% des femmes de 20 à 24 ans se sont mariées ou vivaient en concubinage avant l’âge de 18 ans. Au Népal ce chiffre est de 56%. Au Niger, il atteint 77%.

En tant qu’agence des Nations unies, l’UNICEF poursuit les objectifs du millénaire pour le développement. Comme le mariage précoce est une pratique très courante dans le monde en développement (1 fille sur trois est mariée avant l’âge de 18 ans), cette pratique devient un obstacle à quasiment tous les objectifs : éliminer la pauvreté et la faim (premier objectif), parvenir à l’éducation primaire universelle (deuxième objectif), promouvoir l’égalité des sexes (troisième objectif), protéger la vie des enfants (quatrième objectif), améliorer la santé maternelle (cinquième objectif), combattre les épidémies et les maladies (sixième objectif).

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