Derrière les barbelés de Guantanamo

Publié le 11 février 2009 | Modifié le 24 décembre 2015

Omar Khadr, ex enfant soldat arrêté en Afghanistan, attend d’être fixé sur son sort. L’Unicef rappelle qu’un enfant soldat est d’abord une victime et doit être protégé.

En 2002, alors qu’il n’avait que 15 ans, Omar Khadr a été arrêté en Afghanistan lors d’un assaut des forces américaines. Accusé d’avoir tué un soldat américain lors de cette attaque, Omar a d’abord été détenu sur la base afghane de Bamian, puis transféré à Guantanamo.

Pour l'Unicef, les enfants utilisés dans les conflits armés sont victimes des adultes qui les ont enrôlés. C'est le cas d'Omar Khadr. L'Unicef a mobilisé sa section protection auprès de la défense d'Omar Khadr pour soutenir ce jeune homme, mineur au moment des faits qui lui sont reprochés, et pour défendre à travers lui tous ceux qui seraient susceptibles d'être condamnés dans les mêmes circonstances, contre les principes des droits de l'enfant. Pour Manuel Fontaine, chargé de protection au siège de l’Unicef à New York jusqu’en 2008 : « L'Unicef rappelle le principe selon lequel un enfant soldat doit tout d'abord être considéré comme une victime d'une violation grave du droit international et que priorité doit être donnée à sa réinsertion dans la société ».

Le président Obama ayant annoncé la fermeture prochaine de Guantanamo, Omar Khadr, qui a aujourd’hui 22 ans, pourrait rejoindre le Canada, dont il a la nationalité, et y être jugé. Ses avocats ont présenté en effet un « plan de transition » pour sa réintégration afin de convaincre les autorités canadiennes de le rapatrier. Selon ce plan, Omar Khadr pourrait vivre avec une famille qui a offert de l'accueillir. Un comité de transition serait chargé d'évaluer ses progrès. Les lois canadiennes ne reconnaissent pas les accusations de crimes de guerre portées contre lui par le tribunal militaire d'exception de Guantanamo. Plusieurs articles du code criminel canadien pourraient cependant s'appliquer.

Pourtant, le 11 février, le ministre canadien des affaires étrangères, Lawrence Cannon, a affirmé que son ministère s'en tenait à laisser le processus judiciaire américain suivre son cours et ne cherchait pas à rapatrier Omar Khadr. « Ce n'était pas et ce n'est toujours pas dans les visées du gouvernement » a déclaré le ministre à la presse.

Trois mineurs de moins de 16 ans, de nationalité afghane, avaient été libérés de Guantanamo il y a quatre ans. L’Unicef s’était occupé de les mettre en contact avec des ONG locales qui s’étaient chargées de leur réinsertion.

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