Des jeunes vivant le conflit au Proche-Orient racontent

Publié le 03 août 2006 | Modifié le 31 août 2015

Des jeunes du Proche-Orient racontent comment ils vivent le conflit et présentent leurs espoirs de paix

Omer habite à Haïfa, dans le nord d'Israël. Elle a 15 ans. «Après la sirène, dit-elle, on a à peu près une minute pour descendre aux abris. Souvent on entend les explosions et les échos au loin. Ca fait peur».

Chloé, 19 ans, vit à Beyrouth, la capitale du Liban. « Ca a beaucoup changé ici, dit-elle, on voit la peur dans le regard des gens. Les magasins sont fermés, les rues sont vides, presque personne ne va au travail. Tout le monde reste à la maison et regarde les actualités à la télé».

Julie, 16 ans, habite à Gaza, dans le territoire palestinien occupé. « On entend toujours le bombardement des avions et les tirs de roquettes et tout ça. On entend les bombes qui explosent. On entend constamment les combats ».

Ces trois jeunes - et trois autres jeunes de leurs communautés - décrivent dans des interviews radios leur été plein de menaces, un été au cours duquel ils ne peuvent pas faire ce qu'ils aiment : aller à la plage, voir des amis, suivre des cours, voyager. Ils sont en proie au stress que provoquent les explosions et la violence si proches et ils se demandent comment leurs pays en sont arrivés là.

« Tout le monde est déprimé, constate Chloé, à Beyrouth, j'entends les bombes, je vois la fumée noire, je peux la sentir, On attend simplement que ce cauchemar finisse ».

La recrudescence de la violence dans ces pays donne aux enfants et aux jeunes l'impression de vivre dans un chaos quotidien. Ils sont très affectés par la guerre qui détruit leur environnement.

Omer, à Haïfa, affirme qu'elle est beaucoup plus sur ses gardes dans les endroits où il y a beaucoup de monde et qu'elle regarde les gens avec méfiance. « Je n'aime pas être sur mes gardes, je déteste être obligée d'avoir ce mécanisme de défense ».

A Gaza, Julie se sent découragée. « Il n'y aucun avenir ici pour moi, dit-elle, je pense toujours à ce que je ferai quand je serai plus grande, où j'irai. J'aimerais vivre dans un endroit sûr, libre et où les gens ne pensent pas toujours à la guerre. Je veux simplement vivre en paix ».

En écoutant ces jeunes de Gaza, du Liban et du nord d'Israël parler des cieux assombris par les fumées, de la descente dans les abris, de ces journées d'été loin de la mer et de la plage, on se rend compte que ce qui les rapproche est bien plus fort que ce qui les sépare. Ce qu'ils ont en commun, pour l'essentiel, c'est leur jeunesse, c'est le fait qu'ils sont au bord de l'âge adulte, et qu'ils se demandent si leur vie sera une vie de peur et de menace ou une vie de paix.

« Je pense toujours aux filles de 16 ans au Liban, à ce qu'elles font, si elles pensent aux filles de 16 ans en Israël, dit Omer, à Haïfa, maintenant, quand nous pensons au Liban, on ne pense qu'au Hezbollah, et pas aux gens ordinaires qui vivent là-bas ».

Elle et les autres jeunes de la région nous rappellent que derrière la politique et les conflits armés, il y a des enfants et adolescents ordinaires, qui essaient simplement de grandir dans la paix, en espérant un avenir meilleur.

Propos recueillis par Blue Chevigny

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