Éducation des filles : l'échéance se rapproche

Publié le 27 novembre 2005 | Modifié le 19 janvier 2016

46 pays n'auront pas réussi à atteindre l'objectif de scolariser autant de filles que de garçons avant la fin 2005.

La parité des sexes (en 2005 à l'école primaire et secondaire et en 2015 à tous les niveaux d'enseignement) est la cible qu'il faut atteindre pour réaliser l'Objectif du Millénaire pour le développement (OMD) visant à l'égalité des sexes et à l'autonomisation des femmes, et aussi pour parvenir à l'éducation primaire universelle en 2015.

Malgré cela, près de 115 millions d'enfants, dont une majorité de filles, ne fréquentent toujours pas l'école primaire. Le rapport « Parité des sexes dans l'éducation : résultats et perspectives », connu sous le nom de Rapport GAP, examine plus particulièrement les différences persistantes entre filles et garçons au niveau de la scolarisation dans le primaire.

Le fait de les exclure de l'école n'affecte pas seulement les filles et leurs familles, rappelle le rapport. Cela met également en péril les initiatives de développement, car l'on a prouvé que l'éducation des filles joue un rôle important dans le développement social et économique.

Sur les 180 pays pour lesquels on dispose de données, 125 (91 pays en développement et 34 pays industrialisés) parviendront à la parité des sexes en 2005, inscrivant ainsi le même nombre de filles que de garçons à l'école.

Les enfants se voient privés d'éducation pour des raisons diverses, la pauvreté par exemple, ou la discrimination sexuelle, une mauvaise gouvernance, la maladie (dont le VIH/SIDA) ou encore des catastrophes naturelles ou des crises humanitaires.

Evoquant l'impact du VIH/SIDA sur les enfants, les enseignants et les écoles, Mme Veneman a rappelé que la campagne de l'UNICEF « Unissons-nous pour les enfants, contre le SIDA », lancée récemment,  avait pour objectif de sensibiliser la communauté internationale au sort des millions d'enfants dont l'éducation a été affectée par cette pandémie mondiale. Les enfants, surtout les filles, dont les parents vivent avec le VIH, sont souvent obligés de quitter l'école et de travailler pour faire vivre le reste de la famille.

L'UNICEF recommande plusieurs mesures spécifiques pour parvenir à l'éducation primaire universelle d'ici à 2015 :

-abolir les frais de scolarité et autres coûts au niveau national
-offrir des bourses d'études et autres incitations financières aux enfants désavantagés
-fixer un plafond aux frais tels que les uniformes, les manuels scolaires et autres dépenses qui compromettent l'éducation
-donner un statut « d'urgence » aux nations ayant des taux de scolarisation et de fréquentation peu élevés et leur offrir le même type d'assistance financière immédiate et de soutien technique qu'aux pays en situation de crise
-utiliser le système scolaire pour proposer d'autres services essentiels aux enfants, tels qu'une bonne alimentation, des vaccins et des cours d'hygiène.

Pour garantir l'éducation primaire universelle d'ici à 2015, le taux de scolarisation mondial devra augmenter de 1,3 % par an pendant les dix prochaines années. Certains pays devront progresser à un rythme beaucoup plus soutenu. Ainsi, le Bénin devra avancer au rythme de 2,88 % par an, l'Erythrée doit progresser de plus de 4 pour cent annuellement, le Népal de 2,25 % et l'Afghanistan de 3,9 %.

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