Enfants du Yémen : apprendre reste la meilleure échappatoire

Publié le 08 avril 2011 | Modifié le 31 août 2015

Ahmed Al-Sayyani a 17 ans. Il vit à Sana’a, la capitale du Yémen. Comme tous les enfants yéménites, il est actuellement le témoin de violences quotidiennes. Mais, malgré les troubles qui agitent depuis plusieurs semaines son pays, son rêve de devenir pilote ne s’est pas éteint. Il nous raconte une journée de lycéen, pas comme les autres.

 

 

En attendant le jour où il pourra réaliser son rêve et partir étudier en Allemagne, Ahmed se rend tous les jours au lycée, après les prières du matin, quand la situation le permet : « J’ai déjà perdu une semaine de cours et mes notes s’en sont ressenties aux derniers examens ». Il rentre ensuite chez lui pour déjeuner avec sa famille et travaille ses cours une partie de l’après-midi. Internet lui permet de s’informer régulièrement de l’évolution de l’insurrection.

Éloigné de ses amis par les combats et l’insécurité, ses soirées sont souvent consacrées au chat sur Facebook, car c’est grâce à la toile qu’il peut échanger avec ceux que le conflit ne lui permet plus de fréquenter comme avant.

 

Une vie quotidienne source de profonds traumatismes

 

Au moins 20% des victimes de la guerre civile au Yémen sont des enfants selon SEYAJ, l’organisation locale partenaire de l’Unicef. Ahmed est de ceux qui vivent au cœur du conflit : sa maison se situe en face du square où les manifestants ont installé leurs tentes. Il a été profondément choqué par les affrontements qui y ont fait 52 morts, le 18 mars dernier. En ce moment, ses journées sont  rythmées par les discours des combattants. Ils hurlent dans les haut-parleurs, qui transpercent les fenêtres du domicile familial,  ne lui laissant que peu de moments de calme. Ahmed et sa famille vivent dans une inquiétude omniprésente. D’ailleurs, il se sent très isolé, car aucun de ses amis n’est autorisé à lui rendre visite actuellement.

 

Le droit des enfants à vivre dans la paix

 

Ahmed ne souhaite qu’une chose, que la paix revienne dans son pays.  « Je suis pour la paix et la stabilité » dit-il. « Je veux juste pouvoir terminer mes études sans ces interruptions constantes ». À travers son témoignage, il se fait le porte-parole de tous les enfants yéménites, en rappelant qu’ils ne devraient pas avoir à se soucier de politique ou de conflit, pour se projeter enfin dans un avenir qu’ils auront préparé et choisi. « Tout ce que je souhaite, c’est un futur sûr », confie l’adolescent.

 
 

Soutenir nos actions