Enfants emprisonnés, humiliés, abusés

Publié le 28 juin 2013 | Modifié le 31 décembre 2015

A l’occasion d’une conférence internationale sur la justice des mineurs, organisée à Bruxelles les 27 et 28 juin 2013, l’UNICEF dévoile un nouveau rapport sur les enfants et la justice en Europe centrale et de l’Est et Communauté des Etats Indépendants. Il souligne les progrès réalisés, mais aussi le long chemin à parcourir pour que soient respectés les droits de l’enfant.

Les enfants en Europe centrale et de l’Est et en Asie centrale font toujours face à un accès limité à la justice malgré des reformes positives et solides, selon le nouveau rapport de l’UNICEF en partenariat avec l’UE lancé à l’occasion d’une conférence internationale sur la justice des mineurs à Bruxelles.
 
Le rapport, La justice des mineurs en ECO CEI : Progrès, défis, obstacles et opportunités révèle que dans toute la région, moins d’enfants sont en prison, mais il souligne aussi les mauvais traitements, parfois allant jusqu’à la torture, dans les pays étudiés. L’isolement en cellule est autorisé dans presque tous ces pays.
 

Une marge d’amélioration considérable

 
L'UE et l'UNICEF saluent les mesures prises par les gouvernements de la région, y compris dans les pays qui doivent rejoindre l'Union européenne, pour élargir le champ des réformes visant à protéger systématiquement les droits de tous les enfants dans le processus de justice.
La législation dans la plupart de ces pays se rapproche des normes internationales. Qui plus est, des changements dans la législation en matière de peine et d’autres réformes ont conduit à une baisse importante du nombre d’enfants incarcérés.
 
« En dépit de certains progrès, il y a toujours une marge d’amélioration considérable lorsqu’il s’agit des droits des enfants. Il existe un besoin d’éradiquer le placement des enfants en instituts et de promouvoir plus de soutien aux familles. Notre intérêt ne s’arrête pas là. Il est essentiel que les pays voisins n’adhèrent pas seulement aux normes des droits humains internationaux, mais aussi d’assurer la bonne application de la récente loi adoptée sur la justice criminelle, qui dans certains pays est très progressiste », affirme Štefan Füle, Commissaire Européen en charge de l'élargissement et de la politique européenne de voisinage, lors de son discours d’ouverture de la conférence.
 

Adapter la justice aux enfants

 
« Plus les enfants en conflit avec la loi sont exclus de la société, plus il est difficile pour eux de s’en sortir », a déclaré Yoka Brandt, Directrice Exécutive adjointe de l'UNICEF. « Des progrès ont été réalisés, mais la justice ne considère pas les besoins des enfants. Les systèmes judiciaires doivent s'adapter pour répondre aux droits de tous les enfants ».
 
Cette conférence régionale de haut niveau réunit un large public spécialisé : ministres de la justice, médiateurs, représentants de la société civile, organisations internationales et membres de la Commission européenne. Elle présente des débats thématiques sur les questions soulevées dans le rapport, qui est un projet fondé sur trois ans financé par la Commission Européenne comprenant des témoignages d’enfants, des plaintes officielles et des évaluations. Les pays étudiés dans ce rapport sont l'Arménie, l'Azerbaïdjan, la Géorgie, le Kazakhstan, le Kirghizistan, la Moldavie, le Tadjikistan et l'Ukraine.
 

Un combat de l’UNICEF

 
Les reformes soutenues par l’UNICEF visent à améliorer la législation et a renforcer les capacités institutionnelles et professionnelles. Elles comprennent l'analyse et la révision des lois secondaires, la mise en place de groupes de travail chargés de développer des plans d'action, la formation de formateurs et l'introduction de projets pilotes de déjudiciarisation, probation et médiation.
La recherche sur la torture et les mauvais traitements - les enfants ont déclaré avoir subi des coups, viol et humiliation en détention - a également été menée par l'UNICEF, par des médiateurs et par la société civile pour garantir l'engagement des autorités à lutter contre ces pratiques.
La conférence se terminera vendredi 28 juin sur une note des gouvernements et leurs priorités politiques à venir.