Enfants rohingyas : le dangereux exode des jeunes réfugiés

Publié le 27 septembre 2017 | Modifié le 02 octobre 2017

Pour se rendre jusqu’aux camps de réfugiés du Bangladesh, des centaines de milliers d’enfants rohingyas parcourent des kilomètres dans des conditions de dénuement extrême. Certains souffrent de malnutrition sévère et doivent en outre affronter les intempéries.

Les immenses plages de Cox’s Bazar au Bangladesh accueillent depuis la fin du mois d’août des centaines de milliers de réfugiés rohingyas. Ces musulmans fuient l’État de Rakhine, au Myanmar, où ils font l’objet de persécutions et de violences. En moins d’un mois, près de 500 000 d’entre eux ont tout quitté pour trouver refuge dans des camps surpeuplés. D’après les estimations de l’UNICEF, plus de 60% des réfugiés sont des enfants.

Leur situation est alarmante : on dénombre 36 000 bébés de moins d’un an et 52 000 femmes enceintes ou allaitantes. La porte-parole de l’UNICEF Marixie Mercado a relevé que près de 1400 mineurs non accompagnés figurent parmi cet afflux massif de réfugiés. « Les besoins sont sans fin et les souffrances considérables », a-t-elle souligné.

EXTRÊME MALNUTRITION

Sous-alimentés et épuisés par des jours de marche, des centaines d’enfants affluent jour après jour au Bangladesh et certains sont dans un état extrêmement inquiétant. À son arrivée à Cox’s Bazar, le petit Anamul, âgé de 9 mois, a été immédiatement pris en charge par des spécialistes diligentés par l’UNICEF et ses partenaires pour identifier les cas les plus graves. Anamul présentait tous les signes de malnutrition aiguë sévère.

Le petit Anamul, âgé de neuf mois, a dû fuir le Myanmar avec sa mère, mais il a été sous-alimenté pendant plusieurs jours et doit être pris en charge en urgence.

Sa mère, Nuraasha, a expliqué qu’en une semaine, elle n’a pu lui donner qu’une maigre portion de riz mélangé à du lait, une portion qu’elle a rationnée au maximum car elle ignorait quand elle pourrait trouver d’autres aliments à lui donner. Elle-même enceinte de six mois, elle lutte pour survivre. Selon les estimations de l’UNICEF, près de 4000 enfants sont dans une situation aussi grave que celle d’Anamul et ont besoin d’une prise en charge d’urgence.

« NOUS AVONS PORTÉ NOTRE FILLE À BOUT DE BRAS »

Faute de place dans les camps, les réfugiés s’installent partout où ils le peuvent, mais ces endroits sont très souvent inadaptés. Après 24 heures de marche sans repos et sans nourriture, les parents de la jeune Shahida, âgée de 18 mois, se sont installés sur un bandeau de terre humide séparé du reste du camp par une rivière. Des réfugiés avaient bâti un pont de fortune en bambou pour traverser le cours d’eau.

Mais au cours de la nuit, des pluies torrentielles ont fait déborder la rivière et rendu le pont impraticable. « Nous avons été inondés au milieu de la nuit et nous ne pouvions aller nulle part, a raconté Ayob, le père de Shahida. Nous sommes restés debout toute la nuit et nous avons porté notre fille à bout de bras au-dessus de nous. » Comme des milliers d’autres familles, celle de Shahida a dû s’installer au bord de la route. Plusieurs enfants ont d’ailleurs été blessés par des véhicules conduits par des Bangladais désireux d’apporter de l’aide aux réfugiés.

L’ACTION DE L’UNICEF SUR LE TERRAIN

Avec de « telles conditions sur le terrain, les enfants courent un risque élevé de contracter des maladies d'origine hydrique », ont prévenu l’UNICEF et l’Organisation Mondiale de la Santé. Pour pallier tout risque d’épidémie, 150 000 « enfants extrêmement vulnérables » âgés de 6 mois à 15 ans ont été ciblés par une campagne de vaccination contre la rougeole et la polio. Mais les experts sur le terrain redoutent à présent l’émergence d’une épidémie de choléra.

Pour faire face aux immenses besoins sur le terrain, l'UNICEF a lancé ce lundi 2 octobre un appel d'urgence pour récolter 65 millions d'euros. Les Rohingyas, qui ont quitté leur domicile dans la précipitation, ont au plus vite besoin d’eau potable, de nourriture, d’un abri pour échapper à la pluie, de médicaments et d’endroits sûrs pour que les enfants ne soient pas à la merci de trafiquants. L'UNICEF a besoin de votre aide. Une vingtaine d’euros suffit à fournir 600 sachets de micro-nutriments aux enfants rohingyas.