Enfants soldats : « On avance, mais il reste beaucoup à faire »

Publié le 17 juin 2010 | Modifié le 31 mars 2016

Du 7 au 9 juin derniers s’est déroulée, à Ndjamena au Tchad, une conférence sur les enfants soldats : pour la première fois, les pays de cette région du monde, où l'on estime à 30 000 les enfants associés à des forces ou groupes armés, se sont réunis autour de la même table. Henri Leblanc, chargé de programmes à l’Unicef France, y a participé.

Pourquoi cette conférence, et qui était présent ?

 
L’intitulé de cette conférence, organisée par le gouvernement du Tchad en partenariat avec l’Unicef, c’était : « Mettre fin au recrutement et à l’utilisation des enfants dans les forces et groupes armés : contribution à la paix, au développement et à la justice ». L’approche était régionale, et c’est une première : le Tchad, le Soudan, la République Centrafricaine, le Nigéria, le Niger et le Cameroun étaient réunis pour mener une réflexion qui dépasserait le cadre des textes internationaux, et qui apporterait des réponses concrètes aux enjeux particuliers de cette sous-région.
 

Une « Déclaration d’Ndjamena » a été rédigée à l’issue de cette conférence, quel est son contenu ?
 

Elle comporte trois points fondamentaux : tout d’abord les pays ont rappelé leur volonté de s’engager, voire de signer et ratifier les textes existants tels que la Convention Internationale des Droits de l’Enfant .La déclaration rappelle également que ces enfants doivent être considérés comme des victimes et non des criminels et elle utilise le mot important de « crime » de recrutement.  Enfin, les Etats se sont engagés à créer un comité de suivi de la déclaration, dont le secrétariat reviendra à l’Unicef. Ce qui signifie que pour la première fois va être mis en place un système de suivi qui permettra de lancer des actions concrètes, mais aussi d’avoir accès à des informations sur l’évolution de la situation.
 

D’anciens enfants soldats ont témoigné également lors de cette conférence ?
 

Oui, et c’est important, ils apportent un message fort, qui  permet de se rappeler de quoi on parle… L’Unicef en Sierra Leone a aussi, lors des réunions, fait part de son expérience sur la lutte contre ce fléau, ce qui est indispensable pour savoir comment mener à l’avenir des actions efficaces. On avance, mais beaucoup reste à faire. Et le problème, c’est que l'on pourra lutter indéfiniment contre l’enrôlement d’enfants dans des conflits armés si on ne lutte pas contre deux autres problèmes, plus larges et qui en sont la cause directe : les conflits eux-mêmes et la pauvreté de cette sous-région, qui amène ces enfants sans autre alternative à choisir les groupes armés pour s’en sortir.
 

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