Enlevée par un groupe armé en RDC, son avenir volé, Rachel témoigne

Publié le 25 avril 2018 | Modifié le 25 avril 2018

Rachel rêvait de devenir infirmière, mais son enlèvement par un groupe armé a brisé ses rêves et fait basculer sa vie dans la violence.

Rachel a 20 ans aujourd’hui. Cette jeune fille originaire de la République démocratique du Congo (RDC) souhaitait travailler dans le milieu médical. Son ambition était de « sauver des vies », d’aider le plus grand nombre et d’avoir un impact positif autour d’elle. « Mon rêve était de devenir une infirmière à l’issue de mes études et, plus tard, une sage-femme, car j’adorais prendre soin des enfants », a-t-elle décrit. Mais un jour, en rentrant chez elle, sa vie a basculé à cause de la guerre.

« J'ai été abusée sexuellement par mes chefs »

« Alors que je revenais du marché, j’ai été enlevée par des membres d'un groupe armé », a-t-elle confié avec tristesse. Quand elle en parle, c’est toute la violence qu’elle a vécue et endurée qui remonte à la surface. Enrôlée de force, Rachel, qui n’était qu’une enfant, n’a pas eu le choix. Elle a dû prendre les armes et se soumettre aux ordres de ses ravisseurs. « J’ai été obligée d’ôter la vie et de faire couler le sang, a-t-elle déploré. J’ai joué le rôle d’espionne et j’ai transporté de lourds bagages. »

Les combattants qui ont arraché Rachel à sa famille l’ont aussi brimée physiquement : « J’ai été abusée sexuellement par mes chefs », a-t-elle témoigné. Quelques mois après son enlèvement, elle est d’ailleurs tombée enceinte. Pendant plus de deux ans, elle et sa fille ont continué à vivre au sein du groupe armé, dans des conditions de souffrance « insupportables ».

L'UNICEF au secours de chaque enfant

Finalement, à 18 ans, Rachel a réussi à échapper aux hommes qui l’avaient enlevée : « J’ai décidé de m’enfuir alors que j’étais en mission d’espionnage dans un village inconnu, a-t-elle expliqué. Une vieille femme qui revenait des champs a accepté de me prendre chez elle après que je lui ai expliqué mon histoire. Les trois premières semaines, je suis restée cachée à l’intérieur de sa maison. » Pendant ces longues journées, elle a vécu dans l’angoisse d’être à nouveau capturée, craignant des sévices en représailles. Les ravisseurs de Rachel ne l’ont heureusement pas retrouvée. Alors elle a continué à vivre avec la femme qui l’hébergeait. Il lui a fallu deux ans supplémentaires pour retrouver la trace de sa famille.

C’est pour des jeunes comme Rachel que l’UNICEF agit sur le terrain et œuvre pour la démobilisation des enfants, comme ce fut le cas pour 200 enfants en avril 2018 au Soudan du Sud. Lorsque des enfants tombent sous l’emprise des groupes armés, ils sont privés de leur éducation et entraînés dans un cycle de violence et de privations. Des centres de transit implantés par l'UNICEF et ses partenaires les aident à recouvrer une vie normale et à renouer le lien avec leur famille et leur communauté. Il s'agit aussi pour ces enfants de prendre un nouveau départ dans la vie.

Pour aider Rachel et d'autres enfants, faites un don à l’UNICEF.

(source : PonaBana)