Etienne Poirot, responsable du programme SIDA (UNICEF Madagascar)

Publié le 29 août 2005 | Modifié le 31 mars 2016

Le défi à Madagascar est de réduire le taux de prévalence du VIH/SIDA actuel, à savoir 1%. La priorité de l'UNICEF est de faire de la prévention, en ciblant les enfants et en réduisant la transmission du VIH de la mère a l'enfant.

Quels sont les objectifs principaux de l’UNICEF à Madagascar en matière de lutte contre le VIH/SIDA ?

Le défi, aujourd’hui, est de réduire le taux de prévalence du VIH/SIDA actuel, à savoir 1%. La priorité de l’UNICEF est, par conséquent, de faire de la prévention à grande échelle, en ciblant les enfants et en réduisant la transmission du HIV de la mère a l’enfant. En effet, afin d’éviter que l'épidémie n'explose dans un avenir proche, il faut non seulement apporter des soins aux personnes infectées, mais aussi mettre en place des moyens de prévention de la contamination pour tous les groupes à risques, y compris les adolescents.

Quels sont les principaux obstacles à la mise en œuvre d’une politique de prévention ?

A l’échelle internationale, aujourd’hui, quand on parle VIH/SIDA, on parle beaucoup de thérapeutique et trop rarement de prévention. Or, l’argent investi dans la prévention a certainement un coût-bénéfice plus élevé que l’argent investi dans les soins. Plusieurs pays aujourd’hui ont réussi à démontrer que les programmes de prévention ont eu un impact sur le maintien, voire la baisse, du taux de prévalence du VIH/SIDA, par exemple, le Sénégal, l’Ouganda, la Thaïlande, le Cambodge. Il faut établir une balance entre les programmes de soins et de prévention : faire en sorte que les séronégatifs le restent et que les séropositifs reçoivent des soins adaptés. Il faut créer une synergie entre une prévention complète qui couvre tous les modes de transmission et une prise en charge des personnes infectées. La prévention chez les enfants reste la priorité de notre programme.

Quels sont les problèmes spécifiques à Madagascar en matière de lutte contre le VIH/SIDA ?

L’épidémie n’est pas visible et c’ est aujourd’hui que nous pourrions faire la différence. Le VIH/SIDA restant méconnu, le risque d’une explosion de l’épidémie est très élevé et la mobilisation des ressources exige un travail d’autant plus important. D’ autre part, les gens prennent conscience de la maladie lorsque leurs proches sont atteints. Le changement de comportement passe par une meilleure connaissance de la maladie. C’est pourquoi le programme VIH/SIDA de l’UNICEF doit être incorpore tous les autres programmes : santé, éducation, protection, etc. Il faut mobiliser tous les partenaires pour donner une réponse multisectorielle au problème du sida.

Comment l’UNICEF intègre-t-il la lutte contre le VIH/SIDA à ses autres programmes ?

L’UNICEF cible les enfants vulnérables par le développement de stratégies visant une prise en charge et un soutien assurés par la communauté. Le programme VIH/SIDA de l’UNICEF soutient les efforts du gouvernement et des partenaires en vue de la mise en place d’une stratégie de prévention auprès des jeunes scolarisés et non scolarisés. L’UNICEF met également en place des services de dépistage, de soins et de suivi pour les femmes enceintes et les enfants. De manière plus globale, le programme VIH/SIDA de l’UNICEF est intégré au programme de Gouvernance des droits de l’enfant, permettant la mise en œuvre des processus assurant les droits de l'enfant dans le cadre de la prévention du VIH/SIDA, de l’accès aux services – y compris le soutien psychosocial – et de l’adoption. Avec le programme de l’ éducation, UNICEF ciblent les enfants scolarises du primaire, du secondaire et les scouts. Dans le domaine de la santé, UNICEF soutient le programme de la prévention mère enfant et le dépistage qui doivent être rapidement étendus a tout le pays. Le programme de communication soutient également l’ensemble des activités de mobilisation sociale pour la lutte contre le VIH.

En savoir plus

Suite à une enquête «démographie et santé» conduite à Madagascar en 2003-2004, il apparaît que 79 % des femmes et 88 % des hommes ont entendu parler du VIH/sida mais que 78 % des femmes et 87 % des hommes n’ont jamais été testés. Moins de 1 % de la population a testée et a reçu les résultats dans l’année précédent l’enquête. La situation est la même chez les jeunes de 15-24 ans sexuellement actifs.

Connaissance des moyens de prévention et de transmission du VIH/SIDA

  • 76% des hommes pensent qu’il y a un moyen d’éviter le VIH/sida contre 64% des femmes
  • 61% des hommes savent que le préservatif est un moyen de prévention contre 51% des femmes
  • 19% des hommes et des femmes connaissent deux des trois moyens de prévention et rejettent 3 idées erronées sur le VIH/sida Les femmes
  • Seulement 1 femme sur 2 sait que l’utilisation du préservatif est un moyen de prévention du VIH/sida.
  • Environ la moitié des femmes savent que le VIH/sida peut être transmis de la mère à l’enfant.
  • 1 femme sur 5 a eu des rapports sexuels avec un partenaire non cohabitant et non marital (rapports à haut risque) et seulement 5 % d’entre elles ont utilisé un préservatif. (Hommes : 38 % et 13 %, respectivement) Les jeunes
  • 2 fois plus de jeunes hommes (15-24 ans) que de jeunes femmes ont eu des rapports sexuels à haut risque (72 % contre 31 %). Très peu d’entre eux utilisent un préservatif (12 % et 5 %, respectivement).
  • Seulement la moitié des jeunes connaissent un endroit où se procurer un préservatif. Les infections sexuellement transmissibles
  • 1 femme sur 2 et 1 homme sur 4 ne connaissent pas les infections sexuellement transmissibles
  • Un prélèvement sanguin a montré que 4 % des hommes et des femmes ont la syphilis.
  • Les hommes sont beaucoup plus enclins à accepter un traitement contre la syphilis, sur place à domicile (par injection à la pénicilline), que les femmes : 42% contre 27%.

Soutenir nos actions