Eustache, chauffeur pour l'UNICEF au Rwanda

Publié le 06 janvier 2012 | Modifié le 31 mars 2016

Il a commencé il y a 16 ans en pleine urgence, juste après le génocide de 1994 : il conduisait alors les camions qui apportaient de l’aide dans les camps de réfugiés… Portrait de ce papa de cinq enfants qui continue de « contribuer à cette belle cause », celle des enfants.

 

Plus de 800 000 morts, dont 300 000 enfants, en trois mois. Le génocide au Rwanda, Eustache en parle sans tabou – « il le faut, pour se souvenir, ne surtout pas oublier » – mais avec beaucoup d’émotion. C’est juste après, en 1995, qu’il a commencé à travailler comme chauffeur pour l’Unicef. « C’était en pleine urgence, je conduisais les camions pour aller ravitailler les camps de réfugiés un peu partout. On travaillait dur, et parfois on ne rentrait pas dormir chez nous : on allait jusqu’en Tanzanie, au Congo, ou au Burundi. »

Le Burundi, c’est là qu’Eustache est né. Et c’est aussi là qu’il a connu l’Unicef, en voyant les équipes travailler sur le terrain. « J’aurais pu être chauffeur pour bien d’autres structures, mais j’ai choisi l’Unicef. Pour contribuer à cette belle cause, celle des enfants. Leur donner ce que je peux, à mon niveau. J’adore les enfants… J’en ai cinq à la maison ! »

 

« Avec l’Unicef, on est toujours avec les enfants »

 

Quand la situation s’est stabilisée au Rwanda, l’Unicef est passé de l’aide d’urgence aux programmes de développement, sur le long terme. Eustache, lui, est resté, même si le travail a changé. « Maintenant c’est plus calme, je suis basé à l’administration. Mes déplacements ? Emmener le Représentant (chef du Bureau Unicef local, NDLR) aux rendez-vous dans les Ministères, accompagner les équipes sur le terrain : dans les écoles, les centres de santé, les villages, etc. C’est un peu plus ‘’routine’’ c’est sûr, mais je me sens toujours aussi utile. »

On pourrait penser que, de par sa fonction, Eustache n’est pas en contact avec les enfants... « Au contraire ! Avec l’Unicef, on est toujours avec les enfants, s’exclame-t-il dans un sourire. Quand j’arrive avec le 4x4 aux couleurs de l’Unicef dans un village ou une cour d’école, les enfants accourent, sautillent, nous crient bonjour… Au Rwanda, ils connaissent bien l’Unicef, ils savent que l’on travaille pour eux, pour qu’ils aient une vie meilleure. »

Âgé de 48 ans, Eustache a plus de 15 années d’Unicef derrière lui… Et quelques unes encore devant : « Je ne me vois pas travailler ailleurs. Je vais continuer avec l’Unicef, jusqu’à 62 ans… L’âge de la retraite, ici au Rwanda ! »
 

Soutenir nos actions