Faire reculer la malnutrition, c’est faire avancer les droits de l’enfant

Publié le 14 octobre 2008 | Modifié le 28 décembre 2015

Chaque année, 3 à 5 millions d’enfants meurent avant l’âge de cinq ans à cause de la malnutrition. Des réponses efficaces existent, de nouveaux produits thérapeutiques donnent des résultats, des stratégies nationales se construisent, mais les fonds manquent.

Chaque année, 3 à 5 millions d’enfants meurent avant l’âge de cinq ans à cause de la malnutrition. Des réponses efficaces existent.

La dénutrition est la cause sous-jacente de la moitié des décès d’enfants de moins de 5 ans dans le monde. Comme l’explique Félicité Tchibindat, conseillère nutrition au bureau Unicef d’Afrique de l’ouest et du centre, « Les enfants affaiblis par la faim ont beaucoup plus de mal que les autres à résister au paludisme, à la pneumonie, à la diarrhée, à la rougeole, et décèdent beaucoup plus facilement. D’ailleurs, le quart des décès chez les enfants de moins de 5 ans se produit dès le premier mois de leur vie, parce qu’ils pèsent parfois moins de 2,5 kg à la naissance du fait d’une mère sous alimentée ».

Quelques chiffres :

  • 16% des nourrissons du monde en développement (et 29% d’entre eux en Asie du sud) souffrent d’insuffisance pondérale à la naissance (moins de 2,5 kg).
  • Ainsi 19 millions souffrent d’insuffisance pondérale à la naissance dans le monde en développement : 8,3 en Inde, 2,7 en Asie du Sud (hors Inde), 4,1 millions en Afrique subsaharienne.
  • 32% des enfants de moins de 5 ans vivant dans les pays en développement accusent un retard de croissance en raison de la malnutrition chronique (46% en Asie du sud, 38% en Afrique subsaharienne, 25% au Moyen-Orient et en Afrique du Nord).

L’Unicef est l’un des principaux acteurs de la lutte contre la malnutrition, et prône une approche intégrée avec un continuum de soins de la mère et de l’enfant : l’Unicef encourage l’allaitement maternel dès les premiers instants de la vie, développe des programmes en faveur de la santé de la mère et de l’enfant, l’Unicef est leader sur les questions d’eau et d’assainissement, enfin l’Unicef a pour mandat la réponse à la malnutrition aiguë sévère.

De nouveaux produits, les pâtes nutritives thérapeutiques prêtes à l’emploi, comme le plumpy nut, transforment aujourd’hui la réponse à la malnutrition. En 2007, l’Unicef a fourni des pâtes nutritives de ce type à 46 pays. D’ici la fin 2008, 10 usines de production locale auront été homologuées (et soutenues financièrement) par l’Unicef.

En Ethiopie, l’Unicef et ses partenaires ont mis en place depuis 2003 une réponse graduée : hospitalisation des enfants souffrant de malnutrition sévère et de complications (lait thérapeutique distribué par sonde pour les cas les plus graves), distribution d’aliments (comme le plumpy nut) pour les cas moins graves, enfin grand programme de nutrition décentralisé auprès des familles.

Les nouveaux produits thérapeutiques sont utilisés contre la malnutrition aiguë sévère et également dans les cas de malnutrition aiguë modérée afin d’empêcher que le statut nutritionnel de l’enfant ne s’aggrave.

  • Interview de Bastien Vigneau, responsable des urgences de l'Unicef Somalie : "Empêcher les enfants de tomber dans la malnutrition sévère"
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Le droit de se nourrir

À l’occasion de la journée internationale des droits de l’enfant, l’Unicef rappelle que le droit de se nourrir est un droit fondamental de l’enfant.

La convention internationale des droits de l’enfant affirme que « Les Etats parties reconnaissent que tout enfant a un droit inhérent à la vie » et « assurent dans toute la mesure possible la survie et le développement de l'enfant » (article 6).

En particulier, la convention affirme que les Etats doivent « lutter contre la maladie et la malnutrition, y compris dans le cadre de soins de santé primaires, grâce notamment à l'utilisation de techniques aisément disponibles et à la fourniture d'aliments nutritifs et d'eau potable » (article 24).

Elle précise aussi que ces Etats s’engagent à offrir « les mesures appropriées, compte tenu des conditions nationales et dans la mesure de leurs moyens, pour aider les parents et autres personnes ayant la charge de l'enfant à mettre en oeuvre [le droit de tout enfant à un niveau de vie suffisant pour permettre son développement] et offrent, en cas de besoin, une assistance matérielle et des programmes d'appui, notamment en ce qui concerne l'alimentation » (article 27).

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