Georgie, un peu d'histoire

Publié le 25 septembre 2005 | Modifié le 31 août 2015

Le pays a recouvré son indépendance en avril 1991 dans des conditions difficiles. Il a rapidement sombré dans la guerre civile et a été exposé aux séparatismes. Les anciennes provinces à statut spécial (Républiques autonomes d'Abkhazie et d'Adjarie, Région autonome d'Ossétie du Sud) sont entrées en dissidence après la remise en cause de leur statut par le premier Président de la Géorgie indépendante, Zviad Ghamsakhourdia.

Politique intérieure

Edouard Chevardnadze, devenu chef de l’Etat en 1992, a désarmé les principales milices et institué un régime présidentiel fort qui a pris le pas sur le pouvoir des clans. Les atteintes aux libertés publiques et l’atmosphère de corruption ont largement contribué au mouvement populaire de novembre 2003, que certains médias ont surnommé " la révolution des roses " et qui a conduit le Président Chevardnadze à la démission. Mikhaïl Saakachvili, candidat unique de l’opposition, a remporté les élections présidentielles anticipées avec 97,5 % des voix. Le 24 août 1993, le Conseil de sécurité a décidé de créer la Mission d´observation des Nations Unies en Géorgie (MONUG) ayant pour tâche de vérifier le respect de l´accord de cessez-le-feu.

Conflits séparatistes et régions autonomes :
Adjarie
L’Adjarie, province économiquement prospère grâce aux revenus tirés du contrôle de la frontière turco-géorgienne, bénéficiait d’une autonomie de fait sous le contrôle étroit du potentat Aslan Abachidze, rallié au Président Chevardnadze pendant la crise de novembre 2003. Contesté par la société civile adjare et acculé par les nouvelles autorités géorgiennes, Aslan Abachidze a été contraint à la démission après plusieurs jours de crise et de manifestations à la fin du mois de mai 2004. La loi constitutionnelle sur le statut de l’Adjarie a été adoptée le 1 juillet 2004.
Abkhazie
La situation en Abkhazie est la plus complexe. Les combats de 1993-1994 (10 000 morts, 230 000 réfugiés) se sont soldés par la défaite de l’armée géorgienne. La reprise des hostilités dans la région de Gali en 1998 a provoqué le reflux de 30 000 civils vers les lignes géorgiennes. Le conflit a eu pour conséquence la destruction presque intégrale de vastes régions. Plusieurs rapports ont fait état de nombreuses violations des droits de l´Homme commises en Abkhazie autant par les forces gouvernementales géorgiennes que par les forces abkhazes, ou par des irréguliers et des civils qui coopéraient avec elles. Les négociations, sous l’égide de l’ONU, sont actuellement dans l’impasse. Elles butent notamment sur le refus des dirigeants abkhazes d’entamer des discussions sur le statut politique de la région. La situation en matière de sécurité demeure préoccupante : incursions de partisans de part et d’autre et fréquentes prises d’otages. La présence de réfugiés tchétchènes dans la Vallée de la Pankissi est une des raisons de certaines tensions avec la Russie.
Ossétie du sud
L’Ossétie du sud, point de passage entre la Russie et le reste du Caucase, reste une vaste zone de trafic dans laquelle les autorités géorgiennes ont déjà effectué plusieurs opérations de police. La situation a dérapé au mois de juillet 2004, entraînant la reprise des combats pendant quelques jours. Alors que le Président Saakachvili a présenté en février dernier à Strasbourg les grandes lignes d’un règlement du conflit ossète, les autorités géorgiennes semblent ne pas avoir totalement écarté l’option militaire pour le règlement du conflit, ce que viendraient confirmer les mouvements de troupes et les achats d’armement effectués récemment. Les négociations se poursuivent au sein de la commission mixte de contrôle, instance quadripartite (Ossétie du nord, Ossétie du sud, Russie, Géorgie) sous l’égide de l’OSCE (organisation pour la sécurité et la coopération en Europe), mais la tension est constante sur le terrain (enlèvements au cours de l’été 2005).

Le pays a recouvré son indépendance en avril 1991 dans des conditions difficiles. Il a rapidement sombré dans la guerre civile et a été exposé aux séparatismes.

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