Habibi, 3 ans, pris entre deux crises

Publié le 06 avril 2012 | Modifié le 31 mars 2016

En 2005, 2008 et 2010, de nombreux enfants ont souffert de l’insécurité alimentaire au Sahel. Cette année, la sécheresse et les mauvaises récoltes de 2011 ont de nouveau engendré une crise alimentaire et nutritionnelle majeure dans cette région d’Afrique de l’ouest. En Mauritanie, la crise est d’autant plus grave que s’y ajoute l’afflux de réfugiés maliens qui fuient le conflit dans le nord de leur pays. Découvrez l’histoire de Habibi.
 

 

 

« Quand le village a été attaqué, nous avons tout quitté au lever du soleil (…) dans un vieux camion. Nous avons passé une nuit terrible, pris entre le froid et la peur, raconte Nanni Oueled Faghi. Douze heures plus tard, nous nous trouvions au centre d’enregistrement à Fassala. Habibi était alors très faible, il avait pris froid et souffrait de diarrhée. » Comme environ 200 000 habitants du nord du Mali, Nanni Oueled Faghi et Habibi, son petit-fils de 3 ans, ont dû fuir à cause du conflit. Le voyage depuis leur maison à Lere, au Mali, jusqu’à la ville frontalière de Fassala en Mauritanie, a été long et dangereux. Quand ils sont arrivés en Mauritanie, Habibi souffrait de malnutrition aiguë sévère et de diarrhée. Il avait perdu beaucoup de poids.

 

Agir d’urgence pour sauver des vies

 

Nanni a eu très peur pour son petit-fils. A leur arrivée en Mauritanie, ils ont été accueillis sur un site destiné aux réfugiés maliens, mis en place par le gouvernement mauritanien en coordination avec les Nations unies. C’est là qu’Habibi a reçu un traitement efficace, en février. L’Unicef et ses partenaires ont entamé une course contre la montre pour sauver ce petit garçon, parmi tant d’autres. « Habibi aurait pu mourir s’il n’avait pas reçu les soins adaptés, insiste le Docteur Ahmed Ould Sid’Ahmed Aida, spécialiste de la nutrition à l’Unicef. La première fois que nous l’avons vu, son état était très inquiétant, mais il commence à aller mieux, grâce au traitement et aux soins intensifs. »

« Habibi incarne tout le travail de l’Unicef, explique Lucia Elmi, représentante de l’Unicef en Mauritanie. C’est pour ça que nous nous battons, pour sauver des vies. »

 

Une crise dans la crise

 

La crise des réfugiés maliens est venue s’ajouter à la crise alimentaire et nutritionnelle qui sévit dans le Sahel. La gravité de ces deux crises se fait ressentir de jour en jour, par le flot incessant de populations qui s’opère, notamment entre le Mali et la Mauritanie, mais aussi entre le Mali et le Niger.

Alors que les Maliens fuient le conflit au nord de leur pays, les Mauritaniens basés dans le sud du pays se déplacent vers le Mali, dans l’espoir de trouver des pâturages pour leur bétail, à l’agonie. Chaque jour, 1000 réfugiés maliens arrivent en Mauritanie. À ce jour,  plus de 40 000 Maliens sont passés par Fassala et ont trouvé un abri dans un nouveau camp à M’béra, une zone plus sécurisée, à 50 kilomètres de la frontière.

 

La réponse de l’Unicef

 

Sur le terrain, l’Unicef intervient à plusieurs niveaux pour faire face à l’urgence : l’eau, l’assainissement, l’hygiène, la santé et la nutrition. Tout en s’adaptant aux conditions difficiles du terrain, l’Unicef et ses partenaires organisent l’acheminement de fournitures depuis la capitale. Une tâche délicate, dans la mesure où le transport depuis Nouakchott jusqu’aux camps de réfugiés dure trois jours, et implique de passer par le désert pendant 1500 kilomètres. La plupart du temps, les routes n’existent pas. Mais grâce aux efforts de l’Unicef et de ses partenaires, des enfants comme Habibi ont la vie sauve.

Réactive face à l’urgence, notre organisation se projette aussi à plus long terme : en collaboration avec ses partenaires, l’Unicef met en place des programmes de développement, notamment dans le domaine de l’éducation et de la protection de l’enfance. À l’heure actuelle, une réponse coordonnée est élaborée, dans le but d’empêcher la dégradation de la situation et de prémunir les communautés contre d’autres crises à l’avenir.

En savoir plus :
 

Pour faire face aux besoins immédiats du million d’enfants menacés par la malnutrition aiguë sévère au Sahel, l’Unicef a besoin de plus de 90 millions d’euros. Grâce à la générosité de ses donateurs, l’Unicef France soutient déjà à hauteur de plus de 1,5 million d’euros les programmes de terrain au Niger, au Tchad, au Mali, au Cameroun et en Mauritanie (avec 500 000 euros pour ce pays).

À lire aussi :

Un million d’enfants en danger de mort

Urgence Sahel : Anthony Lake au Tchad pour alerter sur la crise

Téléchargez notre infographie pour mieux comprendre les causes de la crise au Sahel.

Infographie explicative de la crise nutritionnelle au Sahel

Inscrivez-vous

Suivez toutes les actualités de l'UNICEF

Soutenir nos actions