Haïti : des jeunes se reconstruisent en dansant le hip-hop

Publié le 06 janvier 2011 | Modifié le 31 août 2015

Ils sont une dizaine de garçons dans le groupe. Leur point commun ? Ils ont tous été séparés de leurs parents lors du séisme de l’an dernier. Aujourd’hui, ils ont trouvé une solution pour tenter de s’en sortir et avoir de l’espoir en l’avenir : danser le hip-hop. Reportage.

 

 

390 jeunes garçons sont pris en charge au centre d’accueil de Carrefour, à Port-au-Prince. Soutenu par l’Unicef, ce centre permet de loger, de nourrir et de donner une éducation à tous ces jeunes en quête de repères. Alors que le centre tente de retrouver leurs parents, les garçons ne restent pas inactifs. Ensemble, ils forment « Cœur à Cœur », un groupe de hip-hop dynamique et motivé. L’une de leurs chansons s’appelle « Nous prenons nos propres décisions », ce qui révèle combien ces jeunes veulent prendre leur avenir en main. En effet, le texte de la chanson encourage les Haïtiens à faire le bien autour d’eux et à reconstruire tous ensemble leur pays, si affaibli lors de l’année qui vient de s’écouler.

Youri Belcomb a 13 ans. Considéré comme l’un des élèves modèles du centre, il vit ici depuis 6 ans. D’ailleurs, il est très fier de faire partie du groupe et de diffuser des messages positifs autour de lui. Pour lui, la chanson « Nous prenons nos propres décisions » explique que les Haïtiens peuvent améliorer la situation de leur pays. À côté du hip-hop, Youri est très motivé par ce qu’il apprend en classe. Grâce à l’école, il peut croire en l’avenir. « J’utiliserai les mathématiques pour aider mon pays à se reconstruire », affirme t-il. « Imaginez que je construise une route ou une maison, j’aurais besoin de connaître les chiffres, les multiplications et tout le reste ».

On l’aura deviné, Youri a un caractère que l’on peut résumer en un seul mot : l’optimisme. Non seulement, il aime apprendre, mais en plus, il aime beaucoup que l’on écoute ses idées. « Un an après le séisme, ce que je voudrais par-dessus tout pour mon pays, c’est que tous les Haïtiens s’unissent pour reconstruire notre pays : tout nettoyer, construire des routes, protéger la population pour que l’on ait un bel Haïti. »

 

Retrouver leurs familles, la meilleure façon de reconstruire ces jeunes

 

Le centre travaille étroitement avec l’Unicef pour réunir les jeunes à leurs familles. Il s’agit aussi de leur donner toutes les conditions pour grandir sereinement et préparer un bel avenir. « Le meilleur endroit pour que ces jeunes puissent se reconstruire, ce n’est pas le centre, mais une famille », souligne Jeff Desruisseaux du centre d'accueil de Carrefour.

Denise Ulwor est responsable de la protection de l’enfance pour l’Unicef. Selon elle, « l’Unicef est particulièrement intéressé par le centre parce qu’il est très clair pour son équipe qu’il n’est pas là pour remplacer les familles. Il est très important de ne pas laisser les enfants séparés de leurs familles trop longtemps. Après avoir pris en charge ces jeunes, il est temps pour nous de retrouver leurs familles ».


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