Haïti : ils dorment dans la boue

Publié le 04 mai 2010 | Modifié le 04 janvier 2016

Témoignages d’enfants haïtiens dans un camp de Port-au-Prince. Le séisme a bouleversé leurs vies.

Miratson, 13 ans, vit aujourd’hui au sein du camp temporaire Sainte-Thérèse, dans le quartier de Pétionville. Perché sur le tas de débris qui était sa maison familiale avant le séisme, le garçon raconte la catastrophe. « Je revenais de l'école et ma famille préparait le repas, explique-t-il. Lorsque le tremblement de terre a commencé, mon frère est passé sous un mur, le mur s'est écroulé sur sa tête et il est mort. Moi, je me suis précipité de l'autre côté de la maison. C'est comme ça que j'ai survécu. »

Miratson montre du doigt l'endroit où son frère a perdu la vie. Éparpillés parmi les décombres, des vêtements, des jouets cassés qui lui appartenaient.

Le meilleur ami de Miratson s’appelle Ricardo, il a 12 ans. Leurs histoires se ressemblent. « Le jour du tremblement de terre, j'étais en dehors de la maison et ma mère était sous le porche extérieur, alors nous n'avons pas été blessés, se souvient-il. Mais mon frère de sept ans était à l'école et il a été tué. »

 

« Je suis malheureux… »

Dans le camp temporaire, Miratson partage une petite tente avec cinq autres membres de sa famille. Il n'y a qu'un lit étroit, installé tant bien que mal à même le sol. « Je suis malheureux parfois parce que nous sommes dans ce camp. Lorsqu'il pleut pendant la nuit, il faut monter sur quelque chose pour rester au sec. Le sol devient de la boue. »

La nourriture et le matériel de survie commencent à manquer. Ricardo s'habitue à ne faire qu'un repas par jour. « Parfois, il n'y a rien à manger. Ma mère a encore son travail, mais son salaire a été coupé en deux. »

 

Devenir Président

Les deux amis gardent bon espoir pour l'avenir, malgré leur situation difficile. Ricardo parle de devenir Président un jour, et Miratson aimerait bien être médecin. Mais dans le camp improvisé, le quotidien continue de prendre le pas sur tout projet d'avenir.

« Tout ce que je veux, c'est une maison où dormir, de quoi manger, de l'eau à boire, une place à l'école et une cour pour jouer, explique Miratson. Voilà ce qu'il me faudrait pour être à nouveau heureux. »

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