Il sauve des enfants

Publié le 07 mai 2010 | Modifié le 31 mars 2016

Portrait de Maïna, infirmier qui se bat avec son équipe contre la malnutrition dans le désert, au Tchad.

Aujourd’hui, la température avoisine les 50 degrés à Mao, région du Kanem, dans la ceinture sahélienne du Tchad. Une zone enclavée où les conditions de vie sont rudes. Une tempête de sable secoue les toiles de tentes du centre de nutrition thérapeutique installé dans l’hôpital régional. Mahamat Abakar Sedik, que ses collègues appellent Maïna, est l’infirmier responsable de ce centre.

 

Pas du genre à se plaindre…

Maïna a 42 ans. Il a étudié dans la capitale N’Djamena pour devenir infirmier. Il voulait se mettre au service des plus vulnérables, les enfants de son pays. Après ses études, il est donc revenu dans la capitale du Kanem. Il y dirige aujourd’hui le centre thérapeutique. Ici, l’équipement et le personnel manquent souvent. Pas d’oxygénateur, ni de couveuse pour réchauffer les nouveau-nés malnutris. Pas d’ambulance. Mais, au moins, des aliments thérapeutiques prêts à l’emploi et fournis par l’Unicef permettent de soigner les enfants malnutris.

Maïna n’est pas du genre à se plaindre de ses conditions de travail ou de vie. Avec peu de moyens, il fait ce qu’il peut, avec son équipe, pour soigner la trentaine d’enfants que le centre admet tous les mois pour des traitements vitaux. Maïna montre une photo d’un enfant arrivé au centre à l’article de la mort, et compare fièrement le cliché avec un enfant toujours faible mais méconnaissable, qui occupe l’un des lits.

 

Qui sont ces enfants ?

Maïna et ses collègues s’occupent des enfants sévèrement malnutris qui souffrent d’une maladie associée à leur malnutrition, ou qui ont perdu l’appétit. Les enfants sévèrement malnutris sont ceux dont le rapport poids-taille est inférieur à 70% de la normale. Des œdèmes font enfler leurs pieds, leurs mains et leur visage.  Ces enfants ont besoin de soins et d’une surveillance de chaque instant.

Depuis son petit centre nutritionnel au milieu du désert, et bien que sa signature ne figure pas en bas des publications, Maïna a contribué aux recherches qui ont révolutionné la nutrition. Il a travaillé avec les plus éminents spécialistes de la planète.

« Son » centre a été l’un des lieux où les aliments thérapeutiques ont été testés dans les années 1990. En effet, à Mao il est malheureusement facile de trouver des enfants malnutris. Le taux de malnutrition ici est supérieur aux seuils d’alerte depuis une décennie.

 

« Nous sommes tous vulnérables »

Maïna aimerait faire encore plus dans son modeste centre de soins, bien sûr. Mais il se satisfait déjà de voir les choses évoluer. Avec le soutien de l’Unicef qui fournit les aliments thérapeutiques et les médicaments essentiels, plus de 40 centres nutritionnels sont opérationnels aujourd’hui et, avec les 3 centres intensifs, dont celui de Mao, le système en place sauve de nombreux enfants.

Dans une situation de crise telle que celle attendue en 2010, ce programme d’assistance donne un peu d’espoir de voir la malnutrition enfin sous contrôle dans cette région vulnérable du Tchad.

Quelques 2 millions de Tchadiens pâtissent de la crise alimentaire. Soit plus d’un habitant sur 5.  50 000 enfants sévèrement malnutris ont besoin de soins vitaux dans la ceinture sahélienne et 102 000 dans l’ensemble du pays. Pour Maïna, la lutte continue. « La vulnérabilité affecte tout le monde, ici, même les fonctionnaires. Nous sommes tous vulnérables, au Tchad.»

Quelques chiffres sur la région…

Les  266 000 habitants du Kanem, pour la plupart nomades, vivent essentiellement de l’agriculture et de l’élevage. En août 2008, une enquête du Programme Alimentaire Mondial (PAM) révélait que le taux d’insécurité alimentaire s’élève à 53% dans la région.

Cliquez ici pour découvrir notre dossier sur la malnutrition.
 

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