Inégalités filles-garçons : qu’en pensent les enfants ?

Publié le 08 novembre 2018 | Modifié le 12 novembre 2018

À l’occasion d’une consultation nationale, l’UNICEF a interrogé plus de 25 000 enfants de 6 à 18 ans sur leurs conditions de vie et leur perception des inégalités entre les filles et les garçons.

« On respecte mes droits dans mon pays », « Il y a un endroit chez moi pour faire mes devoirs dans le calme », « Je pense que l’amitié entre filles et garçons est possible »… Ces quelques propositions font partie du questionnaire qui a été soumis de janvier à mai 2018 à plus de 25 000 enfants en France. Pour chacune de ces affirmations, des jeunes âgés de 6 à 18 ans ont indiqué si elles correspondaient à leur vécu. Leurs réponses ont permis à l’UNICEF de dresser un portrait de l’enfance en France. Dans cette consultation, une importance particulière a été accordée aux inégalités entre les filles et les garçons. Les résultats de la consultation démontrent que les discriminations que subissent les femmes dans notre société débutent dès l’enfance.

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« Les filles n’ont pas de muscles »

Des bénévoles et des salariés de l’UNICEF sont intervenus dans plusieurs établissements scolaires à travers la France pour aider des jeunes et des enfants à compléter le questionnaire. Ces rencontres ont à chaque fois été l’occasion de riches échanges. À la faveur d’ateliers, de jeux ou de débats, tou·te·s ont été invité·e·s à s’exprimer. Les différences de traitement entre les filles et les garçons ont suscité des prises de position passionnées à tous les âges.

Dans la classe de CM1 d’une école élémentaire de Saint-Étienne, un garçon a par exemple confié que les filles ne pouvaient pas jouer au foot car « elles n’ont pas de muscles ». Ses camarades féminines ont très rapidement démenti : « Si on n’avait pas de muscles, on n’aurait que des os et de la peau ! Comme les garçons, on peut tirer dans la balle très fort et très loin. Le foot, c’est fait pour les filles comme pour les garçons. »

« Pourquoi ne voit-on pas de femmes faire du rugby ? »

Chez les élèves plus âgés d’un lycée de la ville, la question a pris une toute autre tournure. Une jeune a ainsi pointé du doigt que l’on a beau proclamer l’égalité entre les genres, la réalité ne colle pas vraiment avec cet idéal. « Rien que dans le sport, les femmes ne sont pas payées de la même façon que les hommes, a-t-elle fait valoir. On parle d’égalité, mais à quel moment voit-on des femmes pratiquer des femmes pratiquer un sport d’équipe comme le foot ou le rugby ? À la télévision, on ne les voit faire que du patinage artistique, de la danse, du ski ou de la natation. À chaque fois, ce sont des disciplines individuelles et on entend souvent des remarques à leur sujet. »

Une autre question, portant sur les comportements homophobes et les stéréotypes liés au genre, a amené les jeunes à s’interroger sur les rôles assignés aux filles et aux garçons. « Nos parents nous ont appris des choses comme le foot, c’est pour les garçons, la cuisine pour les filles, indique une adolescente. Mais c’est à nous d’être plus intelligents et plus ouverts. » Des progrès ont déjà eu lieu. Même si un jeune homme estime qu’il y aura « toujours une ambiguïté » lorsqu’une fille et un garçon entretiennent une relation amicale, une de ses condisciples se réjouit de voir que la société a évolué. « Quand on était en maternelle, une fille était critiquée lorsqu’elle faisait un dessin et coloriait des vêtements en noir, plutôt qu’en rose, par exemple. Aujourd’hui, c’est totalement accepté. »

Soucieuse de faire progresser l’égalité et de faire en sorte que chacun enfant puisse développer son potentiel et construire son avenir, l’UNICEF continuera d’agir contre les inégalités et les discriminations qui visent les filles.

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